LOVE KILAWU : « à boire et à songer » – 2ème partie

La première partie de cette interview est à retrouver ici.

Une performance éphémère autour de l’amour, le 6 février prochain. C’est LOVE KILAWU, par Wetu Le Passant, chez Ilab-Design. La Pépinière vous propose aujourd’hui une interview, afin d’en savoir un peu plus sur ce spectacle bien particulier…

L.P. : Ouvrir le dialogue sur des expériences diverses… cette idée pousse à réfléchir plus loin à votre démarche. Le sentiment amoureux est universel et le titre de votre spectacle est tiré d’une expression populaire des quartiers de Kinshasa, au Congo. Ce qui nous pousse à nous interroger : pensez-vous qu’il y a diverses manières d’investir le sentiment amoureux, différentes visions, entre Afrique et Occident, au niveau continental ?

W.L.P. : Je pense que l’amour est universel et qu’il se décline selon certains prismes, oui. Même le rire est culturel et donc, même si c’est un sentiment que nous connaissons tous, il y a des filtres de genres, culturels, sociaux, parfois aussi économiques qui viennent travestir l’approche.

Étant un Africain d’ici, j’ai toujours été halluciné par les clivages des expressions d’amour entre les deux cultures. D’un côté, on pense que l’autre souffre d’incontinence émotionnelle et de l’autre, on dit qu’en face l’autre est beaucoup trop réservé. Je trouve toujours très drôle ce genre de situation, bien qu’en sachant que cela peut amener son lot de souffrances.

Pour répondre à votre question, ma démarche dans mes performances théâtrales est d’ouvrir un espace de dialogue. Heureusement que les cultures sont différentes, la vie serait ennuyeuse dans le cas contraire. Parlons des différentes perceptions, rions-en, pleurons-en, dansons dessus, mais échangeons surtout.

L.P. : C’est une très belle philosophie. De manière plus générale, quel regard portez-vous sur la scène culturelle africaine actuelle, au niveau continental (qu’elle soit théâtrale, musicale, littéraire…) ? En créant ce spectacle ici, vous prouvez que des espaces de dialogues avec les autres continents sont possibles. À quel point est-ce important et comment cela peut-il se développer ?

W.L.P. : La créativité a toujours fait partie intégrante de la culture africaine ; grâce aux réseaux sociaux et au flux ultra rapide de l’information, je découvre tous les jours des artistes (musique, peinture, théâtre, mode, etc.) et je suis très content de voir le nouvel élan qui se propage. J’ai même par moments l’impression d’exprimer un pléonasme quand je dis « art africain », tellement il coule de source. C’est fort ce qu’il se passe !

Sur le plan local, il y aussi un essor de dingue. On ressent une vraie nécessité d’occuper l’espace sur beaucoup d’aspects. Il y a des collaborations très intéressantes qui prennent forme. Comme Ilab et Wetu (rires).

Des concept stores, des restaurants, des associations, des projets artistiques pluridisciplinaires. Ça devient même compliqué de tout suivre (rires).

Frantz Fanon disait dans Peau noire, masque blanc que le cri était sorti de sa vie. Je ne peux m’empêcher de faire le lien avec le sentiment qui se propage : unapologetically black. Moins dans la revendication et plus dans l’affirmation pure et dure…sans complexe aucun.

L.P. : Quel avenir souhaitez-vous pour cette scène africaine, avec toutes les nuances que ce terme suppose ?

W.L.P. : On ne souhaite pas la force à un éléphant, on lui souhaite longue vie, car la force est déjà en lui. Je ne peux que souhaiter longue vie à la scène culturelle africaine. L’Africain.e est créatif-ive depuis la nuit des temps. Je peux lui souhaiter de garder cette assurance et que cette créativité nous permette de nous renforcer et de sertir notre temps d’une marque indélébile.

L.P. : L’image est vraiment très belle… Et vous, quels sont vos prochains projets ?

W.L.P. : Me reposer après LOVE KILAWU (rires).

Je continue la promotion de mon album Doux Amalgames avec des dates de concert qui seront annoncées bientôt.

L.P. : Pour conclure, pourquoi ne faut-il absolument pas rater votre performance ?

W.L.P. : Je ne jouerai qu’une fois LOVE KILAWU. C’est une performance théâtrale qui n’aura lieu qu’à Ilab-Design et nulle part ailleurs. Je la veux éphémère, comme le coup de foudre, une semaine avant la grand-messe qu’est la Saint-Valentin.

Du verbe déclamé, de la peinture, des sculptures : LOVE KILAWU, c’est tout un univers que je me réjouis de proposer

Seuls ceux et celles qui viendront pourront comprendre pourquoi c’est du one-shot.

Le vinyle de mon album Doux Amalgames sera également disponible et je me réjouis d’y être avec mon sac à rimes.

Propos recueillis par Fabien Imhof

(avec la collaboration de Magali Bossi)

Infos pratiques :

LOVE KILAWU, écrit et mis en scène par Wetu, le 6 février à Ilab-Design.

Billets disponibles ici : https://etickets.infomaniak.com/shop/59fdrvDrs4/

https://www.facebook.com/events/487347515206223/

Photos : © limageinn

Fabien Imhof

Titulaire d'un master en lettres, il est l'un des co-fondateurs de La Pépinière. Responsable des partenariats avec les théâtres, il vous fera voyager à travers les pièces et mises en scène des théâtres de la région.

Une réflexion sur “LOVE KILAWU : « à boire et à songer » – 2ème partie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *