La jeune création à l’honneur
Comme chaque année, le Théâtre du Loup, l’Abri, la Maison Saint-Gervais et les Scènes du Grütli s’associent pour mettre en avant de jeunes créations. Avec C’est Déjà Demain, neuf troupes émergentes ont l’occasion de montrer leur travail au grand public, accompagné-es par des structures professionnelles. Cette quatorzième édition se déroulera du 21 au 25 avril.
Le rendez-vous est devenu incontournable et représente une opportunité incomparable pour les troupes émergentes : encadrées par les quatre lieux organisant le festival, elles ont l’occasion de se frotter à la réalité du métier, quelle que soit l’étape de leur travail. On retrouvera donc cette année des propositions à l’état de maquette et d’autres plus abouties. Un spectacle hors-les-murs, sous la forme d’une déambulation urbaine sera même à voir, soutenue par les Scènes du Grütli. Les neuf créations au programme interrogeront la société, mais aussi la sphère intime, avec une approche poétique et actuelle. Autre point fort du festival : un seul spectacle étant joué à la fois, il est aisé pour le public d’assister aux différentes représentations, mais aussi pour les artistes de découvrir ce que font les autres. Ou quand émergence rime, aussi, avec partage, pour un programme dense, éclectique et prometteur. La semaine prochaine, vous pourrez retrouver dans nos pages des entretiens avec chaque troupe programmée, pour en savoir un peu plus sur les différents projets.
Interroger l’époque au Loup
À l’initiative de ce festival, qui fête donc sa quatorzième édition cette année, nous retrouvons le Théâtre du Loup, qui accueillera cette année cinq propositions, à l’état de maquette, et donc encore en cours de construction. Salma Gisler et la Cie EphémèCyr s’intéresseront au fascisme, en s’interrogeant sur les mécanismes de cette doctrine politique dont on (re)parle de plus en plus. Pourquoi devenir fasciste, ou comment j’ai commencé à retaper des meubles sera à voir les mardi 21 et mercredi 22 avril. Les mêmes soirs, Yohann Thenaisie, de la Cie Contreplume, narrera l’histoire d’Emma Reilly, lanceuse d’alerte à l’aventure digne d’un texte de Kafka. Petit bonus : un bord plateau avec l’activiste à l’issue des représentations.
Les 24 et 25 avril, trois propositions seront au programme, à commencer par la revisite d’une archive télévisuelle humiliante, mettant en scène l’écrivaine Nelly Arcan, dans Talk Show Plastique, première mise en scène de Diane Albasini (Mezzanine Productions). Enora Cini, de la Cie bêtes de scène, s’intéresse au corps, en s’interrogeant sur la manière dont il peut devenir une Page Blanche. Place enfin à la Ping Pong Théorie (maquette) de Naïma Perlot Lhuillier, de la Cie Sillage, qui s’interroge quant à elle sur les mots, ou plutôt les méandres mentaux d’une femme qui les cherche.
Trilogie de la guerre à la Maison Saint-Gervais
Elina Kulikova et Dima Efremov présenteront, à la Maison Saint-Gervais, le dernier volet de leur Trilogie de la guerre. Une Nuit Blanche s’apparente à un concert-manifeste, mettant en scène la résistance et la répression politique en Russie, en s’inspirant de l’expérience personnelle de Dima Efermov. Engagé dans l’aide aux prisonnier/ères politiques russes, il fait résonner son histoire à d’autres expériences de résistance plus larges. Musique, rire et danse seront au programme pour souligner les gestes de solidarité et de survie. À noter également que la Trilogie sera visible à la Comédie de Genève puis à Vidy Lausanne en novembre prochain.
Parcourir l’intime à l’Abri
L’Abri – Madeleine accueillera cette année deux propositions en solo. Dans oh dear, how do we deal with vanished sparks?, Victor Delétraz, appuyé par la vidéo, mêlera performance, chorégraphie, objets, lumière, son et texte, entre fiction et réalité. Du côté de Jeanne Pâris / Jano, il s’agira de fêter la collectivité et l’héritage dans ni vous sans moi ni moi sans vous. Chansons d’amour, comptines polonaises, opéra et techno seront au programme pour mettre en avant la dimension transgénérationnelle de cette atmosphère intime et accueillante.
Déambulation hors-les-murs au Grütli
Direction le quartier de Saint-Jean avec les Scènes du Grütli. La Cie Fauve de Candice Chauvin et Lisa Courvallet nous invitent dans leur Patrimoine des histoires qui n’existent qu’à moitié. Après un long travail d’enquête et de rencontres, elles proposent de fissurer délicatement le réel, pour une expérience inédite et immersive. Une invitation à regarder plus attentivement les rues qui nous entourent et les histoires qu’elles ont à raconter.
Alors, on se retrouve là-bas ?
Fabien Imhof
Les détails et informations de chaque spectacle et performance sont à retrouver sur les sites des différents lieux d’accueil :
Affiche : © Dual Room
