Quinze événements pour boucler la saison à l’Arsenic
Après une programmation commune avec le Sévelin 36 pour Les Printemps de Sévelin, l’Arsenic dévoile quinze propositions pour son dernier trimestre de la saison 25-26. Cabaret, performance, théâtre… le programme s’annonce varié, avec la Fête de la danse en point d’orgue !
Ce nouveau trimestre sera placé sous le signe de l’émergence du 17 au 19 avril : MARCHEPIED Cie, sous la direction artistique de Nicholas Pettit et Corinne Rochet, qui co-signent également les chorégraphies avec Jasmine Morand, propose un tremplin pour de jeunes danseur/euses. On retrouvera une double proposition, avec J’irai danser au-dessus des vagues, une expérience sensorielle, pour s’éloigner des excès de stimuli. Les interprètes danseront les yeux fermés, pour explorer fragilité, résistance et désir d’ancrage. S’ensuivra Nous Autre, sur la force du collectif, pour dissoudre l’idée d’individu, effacer la singularité, tout en se mettant dans la peau d’un-e autre, pour reconquérir nos indépendances. Un spectacle tout en paradoxes.
La semaine d’après, deux propositions seront à voir en parallèle, entre performance et cabaret. Krassen Krastev et ChillChill présenteront Body Sequencer, pour tenter de relire de manière poétique et rassurante notre futur où la technologie semble prendre le dessus. Ou comment réenvisager le rapport entre humain-es et IA. Dans le Cabaret des affaires urgentes, Chantal Mariam Neuhaus et Chloé Démétriadès invitent, elles aussi, à rompre avec la norme pour rêver des quotidiens plus doux. La fête comme manière de résister et vivre ensemble.
On conclut cette première partie de trimestre avec l’accueil de Marvin M’Toumo et Zizi Zozio, vu récemment au TU dans le cadre de La Bâtie. Dans ce seule-en-scène, l’artiste raconte une enfance abîmée, marquée par des violences, et l’impossibilité de l’amour qui en a découlé. Âmes sensibles s’abstenir. Enfin, le 2 mai, Prisca Ratovonasy nous invite à une session d’écoute. Dans Noro, Au fil des maux de la culture, elle explore, sous forme de podcast fictionnel, les discriminations raciales et leurs impacts dans les milieux culturels. Une manière de rendre visible ce qu’on ne sait que trop peu, pour tenter de (re)créer du lien entre les différen-es acteur/trices du milieu.
La Fête de la danse au cœur du trimestre
L’événement central de ce dernier trimestre sera la fête de la danse, à partir du 7 mai. La Compagnie du Zerep, spécialiste dans l’art de dépasser et casser les codes du théâtre, ouvrira les feux avec STURBZEP, qui oscille entre paysage romantique et film d’horreur : maison hantée terrifiante, rives du Loch Ness, larves géantes… voici quelques éléments au programme de ce spectacle conçu par Sophie Perez. Du 8 au 10 mai, Marie-Caroline Hominal et François Chaignaud s’associent pour performer Duchesses : les deux danseur/euses évolueront nu-es, chacun-e sur un podium, dans un projet radical et chargé d’érotisme où néon et cerceau mettront en tension leur corps. La performance suivante s’annonce également sensuelle. Du 14 au 16 mai, avec Lounge, de Mariana Benenge, Marga Alfeirão et Myriam Lucas, un duo de corps s’identifiant comme féminins traversent différents états, à la recherche du plaisir, interrogeant la relation entre danseuses et public, espace public et privé, mais aussi voir et être vu-e…
Le dimanche 10 mai, à 15h30, place aux kids, avec la boum des enfants ! On n’en sait pas beaucoup plus pour l’instant, mais les parents accompagnant-es sont également les bienvenu-es pour s’amuser.
Encore et toujours de la danse
Si Lounge n’entre déjà plus dans le cadre de la Fête de la danse, cet art restera tout de même à l’honneur pour la suite du trimestre. Dai Pontes et Wallace Ferreira présenteront leur Repertorio N1, du 20 au 24 mai. Le duo s’interroge sur la manière de parler d’autodéfense par la danse, en s’inspirant de codes des communautés noires et queer du Brésil, qui leur permettent de se reconnaître et communiquer de manière safe. Puis, du 28 au 31 mai, les étudiant-es du Bachelor en Contemporary Dance de La Manufacture entreront dans le monde professionnel, avec un programme en deux parties qui n’a pas encore été dévoilé, mais qui conclura leur cursus.
Du 10 au 13 juin, Maud Blandel s’inspirera des Three Guineas de Virginia Woolf, dans Same Old Songs, une chorégraphie pour trois danseuses, dans un imaginaire psychédélique. On s’y interrogera sur la manière d’éviter la guerre, en présupposant que celle-ci est une problématique patriaracle. Et pour le dernier jour du spectacle, alors que l’AVDC – association vaudoise de danse contemporaine – fête ses 40 ans, différents workshops seront proposés, à Lausanne, Nyon et Vevey. Des artistes internationaux/ales seront présent-es pour partager avec les professionnel-les de la région
Des événements variés
La danse sera certes au cœur des préoccupations, mais d’autres arts et événements ne seront pas en reste. À commencer, le 30 mai, par le lancement de l’ATLAS, deuxième volume de Revolving Histories, qui s’intéresse à la performance translocale en Suisse. Une rencontre et discussion autour de l’ouvrage est prévue ce soir-là dès 19h. Autre vernissage, le vendredi 19 juin, avec La grande méthode de Louisa Yousfi, qui raconte le voyage d’une famille issue de l’immigration algérienne qui rentre au pays pour enterrer le père. Ou comment l’exil ne permet pas d’oublier le secret des peuples.
Le même soir, on pourra enchainer avec le cabaret Mami Watta rit, de Michelle Tshibola et la Troupe Vénus Noire. Il s’agira ici de renouveler le monde du cabaret occidental, dans une narration inédite, aux influences afro-descendantes, en interrogeant la représentation des corps noirs, mais aussi des personnes queers, trans, et toutes les autres formes de minorités. Acte politique plus que spectacle, Mami Watta rit créent de nouvelles mythologies autour des Vénus noires.
Enfin, pour conclure la soirée et la saison, l’Arsenic invite à se réapproprier le dancefloor, avec différentes contributions. Le line up sera composé de Missy Da Kunt, Ima, Kbral, Wamheda, Imsobaby, ainsi que Latenna et sa team, deux Vénus noire perfomers, pour rester dans le thème de la soirée.
Fabien Imhof
La programmation complète et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site de l’Arsenic.
Photos : ©Lausanne Tourisme
