CDD.14 : « talk show plastique » et « Oh dear, how do we deal with vanished sparks ? »
Alors que la 14ème édition de C’est Déjà Demain, festival dédié à la jeune création, débute tout bientôt, La Pépinière a, comme chaque année, posé trois questions à chaque artiste ou troupe qui se produira durant la semaine. On commence avec des spectacles joués respectivement au Loup et à l’Abri – Madeleine, talk show plastique et Oh dear, how do we deal with vanished sparks ?
talk show plastique – Mezzanine Productions / Diane Albasini

La Pépinière : Vous avez été sélectionnée pour participer au festival C’est Déjà Demain. En quoi une présence à un festival dédié à la jeune création est-il important pour vous ?
Diane Albasini : Après plusieurs années en tant que comédienne, je me tourne vers la mise en scène. La plateforme C’est déjà demain permet de tester une étape de travail devant du public, dont des professionnel-les des arts vivants. C’est un rendez-vous clé pour présenter des premiers projets.
La Pépinière : De quoi sera-t-il question dans votre spectacle ? Pourriez-vous le présenter en quelques mots ?
Diane Albasini : talk show plastique s’inspire librement d’un passage TV dans les années 2000 où l’écrivaine Nelly Arcan promeut son troisième roman « À ciel ouvert ». Sur scène, trois interprètes incarnent les paroles échangées mais aussi leurs résonances, basculant du réel à la fiction. Du male au female gaze, la performance catalyse l’affront subi mais aussi notre perception tronquée des personnes concernées par le sexisme.
La Pépinière : Pourquoi faut-il absolument venir voir VOTRE spectacle ?
Diane Albasini : Pour exposer le traitement médiatique des femmes*, en particulier dans certains talks-shows. Aujourd’hui, des invité-es sont encore humilié-es et instrumentalisé-es pour créer le buzz. Il faut en parler. La honte doit changer de camp.
Oh dear, how do we deal with vanished sparks ? – Victor Delétraz

La Pépinière : Vous avez été sélectionné pour participer au festival C’est Déjà Demain. En quoi une présence à un festival dédié à la jeune création est-il important pour vous ?
Victor Delétraz : Je suis plasticien et perfomeur, je mélange ainsi des médiums multiples et variés dans mes projets artistiques. Venant à la base des arts visuels, c’est très important pour moi de pouvoir présenter ma première pièce dans un cadre institutionnel dédié aux arts vivants et à la jeune création.
Je prends cette opportunité afin de créer une performance qui sera la finalité de mes diverses expérimentations précédentes. Pouvoir présenter ce projet dans un festival dédié à la jeune création, c’est en même temps un tremplin magnifique pour la suite mais aussi la possibilité de créer avec moins de pression et d’être toujours dans un rapport à l’expérimentation – fragile, libre et viscérale.
La Pépinière : De quoi sera-t-il question dans votre spectacle ? Pourriez-vous le présenter en quelques mots ?
Victor Delétraz : La performance Oh dear, how do we deal with vanished sparks ? est un solo de 45 minutes qui mêle accessoires, vidéo, son et textes. En partant de l’idée d’échec, de risque, de vulnérabilité et désordre, la pièce tente de porter un regard critique et sensible sur notre monde contemporain, en passant par de multiples émotions : contradictoires, caustiques, tendues, étranges et absurdes. Avec une idée de divertissement, de magie et d’extraordinaire, je fais toujours émerger un rapport poétique et politique au monde. Derrière la célébration se cachent les dessous d’un plus grand spectacle : celui de notre société contemporaine, nos paradoxes et les ressorts d’un monde qui se fragilise de plus en plus.
Il y aura entre autres, des cartons mobiles, des fontaines pas chères, des robots en crises d’angoisse, un semblant de poésie et des effets spéciaux.
La Pépinière : Pourquoi faut-il absolument venir voir VOTRE spectacle ?
Victor Delétraz : Parce que, en tant qu’artiste, je navigue entre différents mondes, bulles et domaines. Pour moi la notion de performance-théâtre-danse-art visuel doit se mélanger, se mâcher comme un gros chewing-gum, puis se coller sous un pupitre bancal. Le pupitre, ce serait la société dans laquelle on vit. Et le but, c’est d’avoir pleins de chewing-gums bien mâchés qui se retrouvent dessous pour former un art subalterne, militant et énervé.
Aussi : Comment on fait avec les étincelles disparues? C’est une question au public, à vous d’y répondre.
Propos recueillis par Fabien Imhof
Infos pratiques :
talk show plastique – Mezzanine Productions / Diane Albasini
Vendredi 24 avril, 20h / Samedi 25 avril, 22h / durée 45 min au Théâtre du Loup.
Jeu Judith Goudal, Laure Aubert, Diane Albasini ; Adaptation et mise en scène Diane Albasini ; Regards extérieurs Lou Ciszewski, Mathias Brossard, Jade Albasini ; Éléments scénographiques Aline Sansonnens ;Coproduction Théâtre du Loup ; Soutiens Service de la culture du canton du Valais, Espace Amaretto, Fondation suisse des artistes interprètes SIS, Fondation Ernst Göhner ; Remerciements Tamara Bacci (Scènes du Grütli), Dorian Dessimoz, Maison St-Gervais, Mélissa Merlo, Manon Monnier, Christine Muller, Alice de Preux, Delphine Schnydrig, Céline et Raphaèle Squaratti
Photo : ©Delphine Schnydrig
Oh dear, how do we deal with vanished sparks ? – Victor Delétraz
Mardi 21 avril, 18h30 / Mercredi 22 avril, 20h15 / Jeudi 23 avril, 19h15 / durée 50 min à l’Abri – Madeleine.
Création et performance Victor Déletraz ; Création lumière et régie Charlotte Roche-Meredith ; Création musique Victor Delétraz et Julien Encore ; Régie son Hugo Langlade ; Dramaturgie Yul Tomatala ; Collaboration artistique et assistanat Remy Ugarte Vallejos, Sophie Conus ; Regards extérieurs Antoine Weil, Agathe de Limoges ; Administration et production Victor Delétraz – Besogne, Activité Résultat Ouvrage ; Coproduction L’Abri – Genève ; Soutiens Ville de Genève, Loterie Romande, Fondation Ernst Göhner, Fondation Bea
Photo : ©Laurent Fiorentino
