CDD.14 : « Siffler contre le Vent » et « Une Nuit Blanche »
Alors que la 14ème édition de C’est Déjà Demain, festival dédié à la jeune création, débute tout bientôt, La Pépinière a, comme chaque année, posé trois questions à chaque artiste ou troupe qui se produira durant la semaine. On poursuit avec un spectacle joué au Loup et celui de la Maison Saint-Gervais, Siffler contre le Vent et Une Nuit Blanche.
Siffler contre le Vent – Compagnie Contreplume / Yohann Thenaisie

La Pépinière : Vous avez été sélectionné pour participer au festival C’est Déjà Demain. En quoi une présence à un festival dédié à la jeune création est-elle importante pour vous ?
Yohann Thenaisie: Très concrètement, lorsque vous êtes un-e jeune et que vous sortez d’une école de théâtre en septembre d’une année, vous vous confrontez à une dure réalité : les saisons des théâtres sont déjà bouclées jusqu’en septembre de l’année suivante ! L’appel à projet du Théâtre du Loup permet à des émergent-e-s de se présenter sur scène dès l’année suivant leur sortie d’école.
Et ce n’est pas tout : nous sommes formé-e-s, dans le cadre de CDD, à la création de compagnie, la recherche de subventions et la diffusion. Un aspect essentiel du métier qui n’est pas abordé à l’école !
La Pépinière : De quoi sera-t-il question dans votre spectacle ? Pourriez-vous le présenter en quelques mots ?
Yohann Thenaisie : C’est l’histoire abracadabrante d’une avocate des droits de l’homme de l’ONU que j’ai rencontrée par hasard au cours d’une soirée. Un jour, elle découvre un mail envoyé par la Chine qui demande à l’ONU de lui livrer les noms des dissidents qui s’apprêtent à témoigner. Puis la réponse de l’ONU, qui fournit gentiment les noms.
Siffler contre le Vent est un spectacle de théâtre documentaire qui nous guide dans les coulisses de cette grande institution genevoise à travers le combat de la lanceuse d’alerte Emma Reilly.
La Pépinière : Pourquoi faut-il absolument venir voir VOTRE spectacle ?
Yohann Thenaisie : C’est un thriller palpitant… et vrai. Le tout dans un seul en scène alliant humour et sensibilité. Et puis, quand on propose des centaines de milliers de francs pour faire taire une histoire, c’est un bon indicateur qu’elle vaut la peine d’être entendue.
Une Nuit Blanche – Elina Kulikova et Dima Efremov

La Pépinière : Vous avez été sélectionné-es pour participer au festival C’est Déjà Demain. En quoi une présence à un festival dédié à la jeune création est-elle importante pour vous ?
Elina Kulikova : Pour moi, c’est l’opportunité de montrer mon travail.
La Pépinière : De quoi sera-t-il question dans votre spectacle ? Pourriez-vous le présenter en quelques mots ?
Elina Kulikova : La trilogie de la guerre : dernière partie – Une Nuit Blanche a toutes les apparences d’un concert : le public se rassemble autour d’un DJ set, la musique est forte et le rythme envahit l’espace. En réalité, il s’agit du troisième acte d’une trilogie-manifeste de résistance contre les actions de l’État russe. Dans un contexte de répression extrême, les protestations russes contre la guerre restent presque inaudibles en Europe. Cette « fête théâtrale » devient alors une irruption de résistance — et de la joie qui l’accompagne.
L’histoire est racontée à la première personne comme toujours chez le duo Elina Kulikova et Dima Efremov, cette fois du point de vue de l’activiste et artiste Dima Efremov. Queer et originaire d’un petit village russe profondément homophobe, Dima s’est d’abord formé à la musique et à la composition. Lorsque la guerre en Ukraine a commencé, il s’est tourné vers le droit international et la défense des droits humains. Il a ensuite fondé sa propre organisation, qui a déjà contribué à la libération de plus de 400 prisonniers politiques.
Dima a développé un système qui sape de l’intérieur l’appareil militaire totalitaire russe : il aide des détenus assignés à résidence, équipés de bracelets électroniques, à échapper à la surveillance du FSB et à fuir la prison.
À partir de l’histoire de Dima Efremov et de celle des luttes partisanes à travers le monde, les deux artistes évoquent à la fois l’horreur de la répression et les petites victoires qui sauvent des vies chaque jour. La musique, le rire et la danse deviennent alors des outils paradoxaux mais puissants pour transmettre l’importance vitale de la résistance sous toutes ses formes.
La Pépinière : Pourquoi faut-il absolument venir voir VOTRE spectacle ?
Elina Kulikova : Parce que c’est un théâtre qui peut vous sauver.
Propos recueillis par Fabien Imhof
Infos pratiques :
Siffler contre le Vent – Compagnie Contreplume / Yohann Thenaisie
Mardi 21 avril, 21h / Mercredi 22 avril, 21h30 / durée 40 min au Théâtre du Loup, suivi les deux soirs d’un bord plateau avec Emma Reilly
Écriture, mise en scène et jeu Yohann Thenaisie ; Direction de jeu : Laurent Baier ; Création lumière Robin Dupuis ; Conseillers artistiques : Stefan Kaegi ; Soutiens Ville de Genève, Loterie Romande ;
Photo : ©Grégory Batardon
Une Nuit Blanche – Elina Kulikova et Dima Efremov
Mercredi 22 avril, 18h45 / Jeudi 23 avril, 20h45 / durée 1h
Texte et jeu Elina Kulikova et Dima Efremov ; Mise en scène Elina Kulikova ; Création son Dima Efremov ; Scénographie, décor et construction Martin Riewer, Thérèse Weibel ; Chorégraphie Yulia Arsen ; Coaching vocal Maya Novikova ; Costumes Elina Kulikova ; Création lumière Clovis Marchon ; Vidéo et captation Paul Mollin ; Direction de production, tournées et communication Tina Hollard ; Production Compagnie Champ Brûlé ; Production déléguée Sens interdits ; Soutiens la Manufacture Haute école des arts de la scène, Lausanne Création à La Manufacture, Lausanne Création « Immersive » au Festival Sens Interdits
Photo : ©Grégory Batardon
https://theatreduloup.ch/spectacle/cest-deja-demain-14/
https://saintgervais.ch/spectacle/cdd-une-nuit-blanche/
https://grutli.ch/c-est-deja-demain-14/
https://labrigeneve.ch/programme/c-est-deja-demain-14
Affiche : © Dual Room
