Nuages d’émotions à venir !

La saison de l’hiver, cyclique, pointe le bout de son nez, mais nous… nous, c’est bien la nouvelle saison du Grütli – Centre de production et diffusion des arts vivants que nous attendions avec impatience, comme pour avancer au rythme des créations et faire la grimace aux autres pressions temporelles. Hé oui.

Parcourons les mois comme une longue promenade culturelle à venir, au cœur d’un réel bourg-des-arts qui donne un espace de résonance à bon nombre d’expressions artistiques : théâtre, concerts, librairie orientée… un bourg-des-arts qui tient en outre à accueillir un large public, en pratiquant un tarif à prix libre (de 0.- à 100.-, par tranches de 5.-). Ici, on offre ainsi la possibilité à toutes et tous de venir s’asseoir confortablement sur les coussins rouges puis, de rêver.

La promenade a d’ailleurs commencé entre doux et francs rires émaillés de flash-backs avec, suite à la présentation de saison, le concert Fanny de Chaillé et Sarah Murcia interprétant Lou Reed et son fameux album Transformer. Le voilà doré d’une nouvelle et jolie patine !

Quelques particularités… comme des coups doubles : deux spectacles en une soirée, sans oublier le festival GOGOGO à la mi-janvier, qui embrassera toute une myriade de performances, et une librairie alimentée au gré des spectacles par les artistes – à elles et eux de signifier les ouvrages qu’iels estiment marquants pour accompagner leur pièce.

Pour la suite des festivités, il y aura, en décembre, Mer plastique, une pièce située à la croisée du théâtre et de la danse. La troupe de Tidiani N’Diaye dévoile ce qui, au Mali, fait honte : montagnes de détritus, brûlées et cancérigènes. Comment aborder la pollution, thème (ô justement) phare de ces dernières années, avec légèreté et nouveauté ? Voilà les portes de nos esprits ouvertes.

Le mois de février 2023 sera partagé entre une téléportation écologique grâce à Nous sommes les amazones du futur de Marion Thomas, une fable philosophique autour de la création des mythes, à Gentle Unicorn de Chiara Bersani, joué dans le cadre du festival Antigel, et une chorale familiale lors du spectacle avec la 7G de Sébastien Grosset et Christian Geffroy Schlittler.

Les spectacles de mars vous feront traverser les arts : un rap hybride avec Radio Jam de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre, des poèmes semés le long de la route avec Invited Ghosts de Phil Hayes et Taimashoe, des sensations titillées par le velours et autres matières dans Velvet de Philippe Saire et des interviews imaginés avec des artistes au profil bien différent dans Rendez-vous d’Eugénie Rebetez.

En avril, nous voguerons sur le fil de la libération de la colline du Mormont avec BOOOM de Luxxx, Adrien Rupp, Michael Scheuplein, Carolina Varela et Isabelle Vesseron. Nous continuerons avec le festival C’est déjà demain,  en évoquant l’instrumentalisation et le sexisme dans le monde de l’art avec Thank you, Paul de Lamya Moussa.

Les spectacles défilent à toute allure par ici ! Go go go !

En mai, il sera temps de se questionner sur ce que l’on pense connaître chez soi et ce qui demeure inconnu dans sa propre maison avec After All Springville de Disasters and Amusement Parks de Miet Warlop. Puis, il fera bon de voir pleurer et de pleurer ensemble dans Concours de larmes de Marvin M’toumo

L’été sera partagé entre les récits de route glanés en autostop avec Autostop, un spectacle en extérieur de Floriane Mésenge, Maxime Gorbatchevsky et Jean-Daniel Piguet. Viendront, dans le cadre de La Bâtie – Festival de Genève, des questions existentielles autour d’une piscine dans Extinction Piscine du collectif Anthropie, puis nous continuerons la descente aux enfers avec une histoire d’infiltration. Une infiltration de trois femmes Securitas, pénétrant les milieux activistes suisses avec Une Bonne Histoire d’Adina Secretan.

En septembre, Prélude et Fin de Valerio Scamuffa fera écho à des réflexions bien connues… Qu’est-ce qui protège, qu’est-ce qui détruit et comment se situer dans ce joyeux chaos ? Le spectacle, dans une soirée « coup-double » sera suivi par FIRE OF EMOTIONS : NIAGARA 3000 de Pamina de Coulon. Une pièce qui pourrait être une étude aquatique où l’on se demandera ce que l’eau voit depuis là où elle serpente.

En octobre, attention ! Le gai savoir reprend du poil de la bête et avec lui, cette grande question : Que voit-on vraiment ou non dans notre entourage, que décidons-nous de percevoir bon gré mal ? Filez voir Makers-L’âge du ciel d’Oscar Gómez Mata avec la Compagnie L’Alakran.

En novembre, Iria Díaz et Maguy Kalomba présentent tout un fabuleux kaléidoscope de scènes se déroulant dans la capitale de la république du Congo : Bongolatrices. Ça va daller.

Le mois de décembre se penchera, avec S’enraciner dans les ruines, sur notre relation aux autres et aux conditions de vie de l’être humain sur lesquelles ont œuvré Dorothée Thébert et Filippo Filliger depuis le jardin de la résidence Utopiana à Genève.

En guise de clôture, en pleine période de Noël, lorsque même les commerces ouvrent le dimanche, le culte du banal sera célébré dans FRANCE ANODINE ou La radio des petites choses de Juliette Chaigneau, Dominique Gilliot et Antoine Pesle qui n’omettent rien sur leurs ondes, pas même les banalités.

Elles qui nous accompagnent au gré du temps, elles, les lunettes de ski, de vue, de soleil au gré des saisons : prenons donc nos lunettes (ou lorgnettes) préférées pour la cueillette des belles impressions 2023 et engageons nos petits pas vers les salles de velours.

Laure-Elie Hoegen

La programmation complète et les détails sont à retrouver sur le site du Grütli centre de production et diffusion des arts vivants

Photo : © Nora Houguenade (banner) et grutli.ch (inner)

Laure-Elie Hoegen

Nourrir l’imaginaire comme s’il était toujours avide de détours, de retournements, de connaissances. Voici ce qui nourrit Laure-Elie parallèlement à son parcours partagé entre germanistique, dramaturgie et pédagogie. Vite, croisons-nous et causons!

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