Retour à la Gravière pour le Cabaret B.E.T.
Après sa parenthèse estivale à l’Orangerie, le Cabaret B.E.T. est de retour dans son lieu habituel de la Gravière. Pour la première de la saison, l’animation s’est faite autour de la politique internationale, sans oublier le retour des arbres ; et 5 invité-es pour 4 numéros.
Rappelons-le, le Cabaret B.E.T. (bon et tonifiant, comme l’air pur de la nature) est un laboratoire expérimental pour des numéros encore en création. Pluridisciplinaire, il accueille des univers variés, et bien souvent déjantés ! Le tout est orchestré par le trio composé de Sophie Ammann, Nathaly Leduc et Camille Tavelli, qui gèrent l’ouverture du spectacle, les transitions et la présentation des numéros. À chaque fois, un fil rouge est imaginé. On aurait d’ailleurs pu croire que, ce soir-là, il s’agirait des Sims, au vu de l’accueil : nos trois hôtesses parlaient dans un charabia incompréhensible, leur tête surmontée d’un cristal vert en forme de losange. Mais, comme toujours, elles ont su nous surprendre, en jouant plutôt sur des news : il faut dire que l’actualité s’y prête, et que le désormais célèbre gimmick de Rachel – l’alter-ego de Sophie Amman, qui la remplaçait d’ailleurs pour l’occasion – That’s what I call great TV était de circonstance ! On a ainsi pu parler des dossiers Epstein, de trois grands dirigeants au cœur de l’actualité (on vous laisse deviner lesquels…), du Groenland et un parallèle avec la conquête de la Lune, mais aussi de bonnes nouvelles, comme le nouveau statut accordé aux abeilles sans dard au Pérou ! On n’oubliera pas de mentionner la tentative de record du monde du nombre de crackers ingurgités en une minute et sans eau…
Des numéros déjantés et expérimentaux
Avec sa perruque noire, Victor Poltier a ouvert les hostilités dans son personnage de Lulu. Avec un peu d’impro, ce personnage très enfantin, à la voix particulièrement aiguë, est venu nous parler de son rêve : monter un grand spectacle de danse. Sa performance rappelle celles des plus jeunes, devant leur famille, avec toute la maladresse qui l’accompagne. Mais il y a quelque chose de touchant dans ce personnage venu nous faire une confession, mais qui ne sait pas vraiment s’y prendre. Une figure à creuser, et à affiner – notamment sur la voix, pas sûr qu’il tienne plus longtemps qu’un sketch sans se briser les cordes vocales – mais qui s’avère prometteuse et a déclenché de nombreux rires parmi le public !

Place ensuite au duo composé d’Amélie Vidon et Ismaël Attia, qui ont proposé un bord de scène suivant un spectacle, que nous n’avons évidemment pas vu. Voilà qui place d’emblée le décor totalement absurde de leur performance. En attendant le retour de sa complice, Ismaël, formé à l’école du rire, nous dévoile donc ses talents en jeux de mots et en blagues du niveau de celles de Carambar. Une fois Amélie arrivée sur scène, elle prend la place qui lui est due, elle qui est issue de l’école du surjeu. Artiste pluridisciplinaire, elle chante, danse et joue, après avoir raconté que son école a fermé… parce qu’on ne retrouvait plus les clés ! Un numéro absurde, racontant leur rencontre fictive, avec beaucoup d’expérimentations. La performance part un peu dans tous les sens, et méritera d’être encore travaillée, avec des choix à faire, pour évoluer vers de vrais rôles.

Changement total d’ambiance – quoique l’absurde reste de mise – avec Michel Brouillon, un artiste drag, performeur un peu foireux. Voulant présenter quelque chose d’inédit, il a choisi un numéro de BDSM avec Matthieu la chaise, où il jouerait pour la première fois le rôle du dominant. La signification de l’acronyme proposée par Michel est surprenante, et entraîne une performance volontairement maladroite, sur fond de rock. Un humour complètement déjanté, qui doit encore trouver son équilibre pour être encore plus percutant.

Enfin, c’est Yacine Nemra qui a clos la soirée. Après la réussite de son one-man-show à l’Orangerie l’été dernier, il est venu se tester, avec une grande part d’improvisation, et un sujet central pour le moins original : le caca ! Avec l’autodérision qui le caractérise, poussée à l’extrême, il a évoqué d’étranges expériences vécues dans des toilettes publiques. Rassurez-vous, il a aussi proposé des chansons revisitées de Jean-Jacques Goldman, sur le thème des singes, une imitation d’Alain Bashung et une chanson créée en live, ou a encore évoqué les différentes caméras braquées sur le public (Kisscam, Sosie-cam…) lors des matchs de hockey. Un moment inédit, tout en impro, et totalement déjanté, comme le veut la tradition du Cabaret B.E.T. !
Concert et nouvelles échéances
La soirée s’est poursuivie avec un concert de la billetterie B.E.T., composée de Jules Guemara et Joël Tuberosa, dans un dj set aux influences multiples : rock progressif, indie funk, synthwave, ambiance électrique… comme le reste de la soirée, il s’agissait de mélanger les influences et de faire voyage le public dans des univers variés et déjantés ! Quant aux futures dates, on pourra retrouver Victor Politer en tournée avec À l’envers à l’endroit et Lavomatic ; Amélie Vidon se produira à Lausanne et Vevey avec la Cie Alors voilà, dans Ça tombera pas plus bas et Y a pas de mal ; Ismaël Attia jouera du 24 février au 1er mars au TKM dans Fantasio ; alors que Michel Brouillon se produira à La Coutellerie, puis à la soirée d’ouverture du Dykorama ; enfin Yacine Nemra est à retrouver sur les ondes de Couleur 3, en attendant de nouvelles dates !

Le Cabaret B.E.T., quant à lui, présentera sa prochaine édition le 26 mars prochain ! Rayon nouveautés, un site (bonneettonifiante.com) est en construction, tandis que la page Instagram continue d’être alimentée avec des extraits des spectacles. On peut également retrouver des goodies, notamment des tote-bags à l’effigie du désormais emblématique arbre, qui figure sur le logo du Cabaret ! Alors, restez connecté-es, if you wanna call it great TV !
Fabien Imhof
Infos pratiques :
Cabaret B.E.T., géré par Sophie Ammann, Nathaly Leduc et Camille Tavelli, le 5 février 2026 à La Gravière.
Pour retrouver les dates des prochains événements : https://www.instagram.com/lecabaretbet/
Photos : © Fanny-Laure Bovet
