The call of the wild de Chris Sanders : c’est Noël après l’heure !

Dans le grand froid de l’Alaska, l’étreinte chaleureuse de la compassion vous fera le plus grand bien. Avec The call of the wild (L’appel de la forêt en version française), Chris Sanders nous permet de voyager en excellente compagnie.

The call of the wild est une adaptation du roman du même nom écrit par Jack London (1903). L’histoire prend place à la fin du XVIIIe siècle, en pleine ruée vers l’or. On y découvre Buck, un St-Bernard/Scotch Collie turbulent vivant en Californie. Malgré ses excès de zèle, Buck est apprécié de tous et il suffit d’une dizaine de minutes pour que le téléspectateur l’adopte également. À l’aide de live action (CGI[1]) maîtrisé de la part de Terry Notary ainsi que d’une animation 3D à la hauteur, il est impossible de ne pas s’attacher à Buck. Après une introduction très rythmée, il est kidnappé et emmené en Alaska afin d’être revendu. Rien de mieux qu’un chien bien robuste pour tirer les traîneaux des chercheurs d’or. Ayant toujours vécu aux côtés du juge Miller en Californie, Buck découvre alors la sauvagerie de certains humains et l’impitoyable grand froid du Yukon.

À travers ses différentes rencontres, Buck s’endurcit et apprend à s’affirmer par la force s’il le faut. Il fait notamment la connaissance de Perrault (Omar Sy), un postier du Yukon chargé d’effectuer de longues distances accompagné de son armada de douze chiens. Sa route croise également celle de John Thornton (Harrison Ford), fuyant sa propre vie suite à la mort de son fils. Les différentes étapes du voyage de Buck le rapprochent toujours plus de la forêt et du monde sauvage tandis que sa relation avec les humains demeure particulière.

Une œuvre respectée

Chris Sanders, qui a réalisé et scénarisé de véritables perles cinématographiques dans le domaine de l’animation, s’illustre cette fois sur un film qui mêle la motion capture ainsi que des prises de vue réelles avec brio. Les animations 3D sont très réussies, ce qui octroie une véritable dimension sentimentale aux animaux. Les différentes expressions des bêtes présentes dans ce long-métrage sont vraiment touchantes, de l’insouciance de Buck au mépris autoritaire de Spitz, son alter ego. Mention spéciale à l’animation impressionnante de Spitz, qui incarne parfaitement le rival agressif du livre. Les émotions des animaux sont d’autant plus importantes du fait de l’absence d’anthropomorphisme. Les seules pensées de Buck exprimées avec des mots le sont par l’intermédiaire d’une voix off peu intrusive. En définitive, le réalisateur adapte avec justesse la construction du roman de Jack London en reprenant les différentes étapes du voyage de Buck.

Comme dans le livre, le canidé est d’abord livré à lui-même et découvre la bestialité du monde au travers de plans très sombres. Sa solitude fait peine à voir et chacun des acteurs et figurants représentent bien cette absurde violence au travers de leurs mimiques. Dans une deuxième partie du film, Buck dépasse certains obstacles avec fougue et se découvre une force insoupçonnée. Les plans larges de l’Alaska majestueuse ainsi que l’excellente bande-son nous emportent dans des traversées épiques, dans le sillage du traîneau de Perrault. L’ambiance de l’histoire de Jack London est également respectée lors de la deuxième moitié du film, lorsque Buck fait face à la mort avant de renaître dans le printemps féérique dépeint par Chris Sanders.

 Un univers poétique digne de Disney

 Chris Sanders avait déjà prouvé ses qualités en ce qui concerne la réalisation d’un univers poétique et esthétiquement réussi (notamment dans Dragons (2010)) par exemple). Cette fois-ci, il parvient à faire ressentir l’impression chaleureuse d’évoluer au sein d’un environnement merveilleux. Les lumières chaudes et le contraste de celles-ci avec la neige immaculée de l’Alaska donne au téléspectateur des envies d’ailleurs et d’aventure. Le film parvient très bien à raviver notre regard enfantin ce qui favorise l’immersion dans le voyage de Buck.

La bande-son originale réalisée par John Powell est tout bonnement fantastique. Des instrumentales épiques et touchantes dictent le rythme de l’histoire. À l’image de films Disney comme Le roi lion ou Mulan, The call of the wild mélange brutalité et euphorie au gré des mélodies, en rappelant que les bons moments comme les mauvais, connaissent irrémédiablement une fin. L’histoire de Jack London étant un peu plus dure que le film sur certains points, certains reprocheraient à Chris Sanders d’avoir édulcoré l’œuvre originale dans le but de fournir un long-métrage grand public. Toutefois, il reste largement fidèle aux intentions de l’auteur.

 Un casting parfaitement ciblé

Le casting de The call of the wild est court mais sélectionné à merveille ! Omar Sy (Perrault) et Cara Gee (Françoise) forment un duo exquis auquel on s’attache instantanément. L’acteur phare d’Intouchables est parfait dans ce rôle de postier prêt à tout pour faire plaisir aux gens qui l’entourent. Son apport réside également dans sa capacité à faire rire à tout moment et la dimension comique de l’œuvre se manifeste majoritairement grâce à sa présence. La relation qu’il entretient avec son équipe de chiens de traîneau donne le sourire en tout temps.

La présence d’Harrison Ford apporte évidemment un plus indéniable à cette histoire. Tout comme Omar Sy, son capital sympathie est d’une grande envergure / importance ? et il sait mettre en scène les sentiments les plus graves et profonds. Son histoire intimement liée à celle de Buck est touchante et sa performance très aboutie. En définitive, le casting est totalement en accord avec l’atmosphère générale du film.

Un cadeau surprise

The call of the wild comporte tous les éléments qui font de lui un film d’aventure réussi. Le rythme de l’œuvre est remarquable, si bien que les cent minutes qui la composent ne se ressentent absolument pas. À la manière d’un Balto (1995) remis au goût du jour, ce long-métrage représente un excellent film qui rappelle la période de Noël. Alors profitez-en et replongez-vous dans une ambiance de fêtes en allant visionner L’appel de la forêt.

Louis Mèche

Référence :

 The call of the wild de Chris Sanders (sortie en salle le 19 février 2020)

Photo (affiche du film) :

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[1] Computer-generated imagery

Louis Mèche

Étudiant en sociologie obsédé par la compréhension du monde qui l’entoure. Amateur de sport et d’arts en tout genre, Louis Mèche est sans cesse à la recherche d’émotions contrastées.

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