27ème saison pour la Cie Confiture : un bon présage ?

27 : un âge de tous les dangers ! Pour ne pas entrer dans le club très select des 27 ans, la Cie Confiture s’est donné un mot d’ordre : survivre. Nous avons eu l’occasion de rencontrer Gaspard Boesch et Philippe Cohen pour discuter plus avant du programme prometteur qui arrive.

Avec toutes les polémiques qui entourent le monde de la culture ces derniers temps, notamment autour de la question du financement, on est en droit de se demander si les compagnies indépendants y survivront. D’autant plus quand on entre dans sa 27ème année : Janis Joplin, Jimi Hendrix, Amy Winehouse, Kurt Cobain, pour ne citer qu’eux, ont en effet disparu à cet âge fatidique. En débutant notre rencontre, Philippe Cohen plaisante sur le fait que la liste est bien plus longue, et qu’il serait intéressant de jeter un œil sur les entreprises et boîtes ayant déposé le bilan après 27 ans. Gageons que ce ne sera pas le cas de la Cie Confiture ! Quoiqu’il en soit, l’équipe fait pour que cela n’arrive pas. Depuis plusieurs saisons, elle cherche à favoriser les synergies, en favorisant des liens avec d’autres troupes, des écoles, des partenaires, des orchestres… Tout cela afin que les spectacles puissent être joués plus longtemps : au vu du nombre de spectacles à l’affiche dans les institutions, difficile de faire plus de quelques représentations. Qu’à cela ne tienne, la Cie Confiture a trouvé la parade, en collaborant notamment avec le Théâtre des Trois-Quarts à Vevey et la Cie Les Exilés, qui accueillent les spectacles pour plusieurs représentations, après le passage à la Salle Centrale de la Madeleine.

Un avenir incertain, mais assuré à chaque fois

En faisant un rapide historique de la compagnie, Gaspard Boesch et Philippe Cohen nous confient que la Cie Confiture fonctionne d’année en année avec une méthode à géométrie variable, selon les projets, comédien·ne·s et financements. Mais attention, aucune plainte dans leurs propos : au contraire, ils trouvent cela plaisant, leur donnant une certaine marge de manœuvre, et un côté « artistiquement rigolo » pour reprendre les mots de Philippe Cohen. Comme quand il a fallu trouver un nouveau lieu après le départ de la Cité Bleue : suite à un échange de bons procédés avec les responsables de la Salle Centrale de la Madeleine, ils ont fini par trouver une solution pour contribuer au succès de cette salle pleine de diversité, qui mêle improvisation, stand-up, concerts et autres spectacles. Du pain béni finalement pour la troupe et pour le lieu. Et une nouvelle saison qui s’annonce particulièrement prometteuse et surtout, loin d’être la dernière !

Entre tradition et innovation

Le rire et la comédie sont les marques de fabrique de la Cie Confiture, et c’est évidemment ce que le public attend. Mais pour ne pas qu’il se lasse, Philippe Cohen, Gaspard Boesch et toute leur bande sont constamment à la recherche de nouvelles approches et idées, pour continuer à donner ce qui est attendu tout en apportant des nouveautés : conserver la fidélité sans lasser en somme. En parcourant le programme avec les deux acolytes, on comprend vite où ils veulent en venir.

Tout commencera du 20 au 24 septembre, avec une reprise : Le Requérant. Dans ce spectacle créé en 2002 et déjà repris pour les dix ans de la compagnie – durant laquelle elle avait exceptionnellement proposé dix spectacles, entre la Cité Bleue et le Casino-Théâtre, au lieu des cinq habituels – il est question d’un requérant issu d’un pays imaginaire en guerre, accueilli par une famille petite bourgeoise après que son lieu d’hébergement a fermé. De quoi perturber le cocon familial… Philippe Cohen, qui signe l’écriture et la mise en scène, souligne l’avantage du pays imaginaire : cela peut aussi bien rappeler la situation d’un Syrien que d’un Ukrainien, ou d’un Irakien ou d’un Afghan à l’époque. L’idée de cette comédie vivace qui avait si bien marché est de dédramatiser la situation par l’humour, pour un spectacle politiquement (in)correct !

Petite pause ensuite jusqu’en janvier, où la Cie Confiture présentera, en collaboration avec des musicien·ne·s emmenés par Oriane Joubert, Volver, Piazzolla et le tango de l’exil. Dans ce spectacle, ils reprennent et développent une narration autour de Piazzolla, en se basant sur ses nombreuses interviews. L’innovation réside ici dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une pièce, mais plutôt d’un concert entrecoupé de témoignages, pris en charge par les musicien·ne·s. Un spectacle « différent » à découvrir dès le 17 janvier.

Pour la suite, place à l’humour ! La Cie Confiture a débuté en faisant de l’humour et l’improvisation. Antoine Maulini, qui a souvent collaboré avec l’équipe, a lancé depuis quelques saisons son Cartel de l’humour, des soirées où il invite plusieurs standupeurs et standupeuses à se produire dans différents lieux. Gaspard Boesch et Philippe Cohen ont souhaité intégrer cette fenêtre « jeunesse » à leur saison, pour laisser la scène à des artistes en devenir. Chaque soir, donc, un groupe d’humoristes composé de Capucine Lhemanne, Cinzia Cattaneo, Barnabé Noël, Christian Mukuna, Felix Rinfaby et Antoine Maulini sera rejoint par un·e invité·e surprise… à découvrir du 8 au 11 février.

Les deux derniers spectacles de la saison sont encore en cours de création. Du 7 au 11 mars, place à Titanic, un Knock moderne sur le thème du naufrage climatique, avec de nombreux clins d’œil politiques, des négationnistes et autres climatosceptiques… Une comédie co-écrite par Riccard et Lambelet de la Cie Les Exilés, que la Cie Confiture connaît bien et qui promet déjà !

Enfin, pour clore la saison, au mois de septembre – si ce n’est pas repoussé – la Cie Confiture a été invitée à inaugurer la Salle Ernest-Ansermet, rachetée à la rts pour l’ETM (École des musiques actuelles). Gaspard Boesch imaginera pour l’occasion une comédie musicale en forme d’uchronie intitulée Au Service Secret de la Confédération. On n’en sait pas vraiment plus pour le moment, mais cela s’annonce très prometteur.

Fabien Imhof

Les détails de chaque spectacle et la programmation complète sont à retrouver sur le site de la Cie Confiture.

Photo : © Cie Confiture

Fabien Imhof

Titulaire d'un master en lettres, il est l'un des co-fondateurs de La Pépinière. Responsable des partenariats avec les théâtres, il vous fera voyager à travers les pièces et mises en scène des théâtres de la région.

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