Créations, premières suisses et grandes voix internationales au Pommier
Pour sa saison 26-27, Le Pommier voit grand : une cinquantaine d’événements, des formes hybrides, des regards artistiques engagés… Entre danse, théâtre, musique, performance, arts visuels et spectacles jeune public, il y en aura véritablement pour tout le monde !
Créations romandes originales
La scène romande foisonne de projets ! Cette saison, au Pommier, on retrouvera donc plusieurs créations neuchâteloises et régionales. À commencer par La Table d’Amour, qui ouvrira les feux dès le 9 septembre prochain. Inspiré d’une tradition du village grec de Ktikados, où diverses communautés se retrouvent autour d’un repas pour fêter Pâques. Manon Krüttli et Guillaume Poix s’emparent de cette histoire à leur manière, avec cette question centrale : « Comment vivre ? ».
En janvier, place à Das Playground, le projet de Bastien Bron (alis My Name is Fuzzy), qui présentera Rétrospectaculaire, une forme d’archéomusicologie du futur. Dans un futur fantasmé, il imagine comment des scientifiques tentent de reconstituer nos modes de vies, à partir des traces de musique et notamment ce qu’on appelle aujourd’hui « concert ». Pour clore le mois, en partenariat avec ADN Danse, Maxime Jeannerat explorera le corps comme lieu de transformation. Dans Drops, il tentera de faire dialoguer nos mémoires collectives et personnelles à travers les notions d’effort et de plaisir, en cherchant constamment la limite et en s’inspirant de techniques de danse contemporaine et de Hip Hop. C’est enfin en avril qu’on pourra découvrir la dernière création de cette saison, avec Trace. Camille Mermet y incarnera une patineuse pour le moins originale, mais particulièrement talentueuse. La relation avec son nouveau coach « aussi charismatique qu’inquiétant » plongera le public dans ce milieu impitoyable et toute la pression qu’il engendre.
Des accueils hors les murs
Comme chaque année, Le Pommier s’allie à différents partenaires, pour faire circuler la culture. En octobre, on pourra ainsi retrouver plusieurs spectacles au Théâtre du Passage, principalement destinés au jeune public. Ce ne sera toutefois pas le cas de Je n’ai jamais vu le Kremlin, d’après Moscou-Petouchki de Venedikt Erofeïev, Yan Walther et Joël Maillard nous emmèneront dans une épopée ferroviaire hallucinée. Un écrivain alcoolique tentera de rejoindre son amoureuse à Moscou, moyennant quelques digressions philosophiques. Autre voyage, celui d’Isidore et Anaïs, qui découvrent le monde en faisant l’école buissonnière. Tu comprendras quand tu seras grand, un petit bijou en théâtre d’ombres qu’on avait déjà pu découvrir au TMG.
Le slam sera, comme chaque saison, à l’honneur, avec un atelier et une scène ouverte à la Fondation Alfaset, le mercredi 28 octobre, dans le cadre du jubilé Suchard 2026. Le 18 novembre, c’est au Musée d’Ethnographie que cela se passera, en concluant la journée par une performance de Dejan Gacond, pour un usage poétique, esthétique et mouvant du monde. Dès le mois de décembre, c’est au Pommier que cela se passe, avec le pianiste et slameur Antoine Sugita et une autre soirée placée sous le signe du Japon, où la soirée se ponctuera par un tournoi de haïkus. En février, Léa Gigon vous invitera à « Se laisser exister », pour travailler sur la prise de parole et la présence scénique. Le 24 mars, Kolya nous invite à nous décentrer, pour jouer un rôle et moins parler de soi, dans une soirée intitulée « Au bal masqué ». Le 28 avril, rendez-vous à La case à chocs, avec Nadine Baboy et une invitation à slamer pour la liberté. Enfin, le 15 mai, le Pommier accueillera son 6ème tournoi international.
En novembre, on retrouvera des marionnettes au Théâtre du Passage, avec Pouvoir, tout d’abord, qui narre comment une marionnette se révolte, en ayant assez d’être manipulée. Puis, dans Petite balade aux enfers, Valérie Lesort revisitera le mythe d’Eurydice et Orphée, dans un opéra miniature dont on pourra se délecter le 15 novembre. Les 2 et 3 décembre, on pourra assister à un mariage au summum du kitsch, entre acrobaties et musique, dans La Noce d’Alfonse. Enfin, l’année se terminera avec Fertik, du 17 au 20 décembre : Les Diptik nous invitent dans leur joyeux chaos, pour inventer des histoires déjantées et étonnantes. Le 17 décembre, c’est à Bienne que cela se passera, avec Has Been, où deux personnages s’inquiètent en se demandant comment faire face au vieillissement.
En 2027, on se retrouvera avec Fusées, spectacle hors saison, où Boris et Kyril observent le monde s’émietter, pendant qu’eux sont perdus dans le cosmos. Une femme jouant le rôle de passeuse les aidera à mieux comprendre la situation. Puis, en février, avec A simple space, c’est à une acrobatie et des risques fous que le public sera convié, dans un spectacle de cirque qui s’annonce particulièrement marquant. Le 14, Kaori rencontrera un ours blessé, dans L’Ours Kintsugi, dans une fable nous invitant à voir que le plus précieux réside peut-être dans ce qu’on répare. Le 21 mars, on interrogera la notion de famille dans Nous ou le paradoxe du hérisson, présenté au Loup la saison dernière. Enfin, en mai, la Cie Philippe Saire présentera Bachibouzouk, où l’imagination d’un jeune garçon deviendra sa plus grande alliée.
Des festivals en pagaille
La saison des festivals s’ouvrira en octobre, avec le Qué Toi, où des artistes professionnel-les émergent-es ont l’occasion de présenter leur premier projet. Entre théâtre, performance et danse, ce sont cinq à six spectacles qui seront à découvrir chaque jour. En novembre, place à MarionNettes, et deux pièces au programme. Dans Entrañas (Entrailles), à découvrir également au TMG, on découvrira toute la beauté et la fragilité du corps humain dans un cours d’anatomie intime. Puis, Laura Gambarini nous emmènera dans un bijou d’humour noir, en forme de monologue, où il sera question de la mort du mari et des pensées inavouées qui refont surface.
Au mois de décembre, place à l’impro ! Le 6, la Cie Prédüm nous invitera Autour du feu, pour créer un nouveau monde, avec de nouvelles règles et de nouveaux mythes. Puis, les 9 et 10, Alliance Créative présentera son concept désormais culte, avec La grande soirée des doublages improvisés : des extraits de film, des thématiques originales et une troupe au sommet de son art !
Des expos à la pelle
Le Pommier développe chaque saison une approche multiple, et accueille plusieurs expositions en ses murs. La première débutera le 23 septembre. Intitulé Paï, soit « pays » en patois, elle se concentre sur des paysages de la région, les habitant-es et la faune, sous l’œil de l’illustrateur neuchâtelois L’Ange Violent. Du 4 novembre au 16 décembre, place à André André et Théâtres, qui fera écho à la Carte Blanche de Dominique Gilliot. Dessins et peintures issus de son livre paru aux éditions Ripopée interrogeront la manière de commencer et poursuivre un œuvre, mais aussi comment la réussir, ou la rater.
Du 5 janvier au 25 février, une question simple se posera : Les poissons volants, ça existe ? Le collectif genevois Station balnéaire exposera ses œuvres singulières, entre absurde et poétique, avec un regard personnel, et inspiré de différents styles, sur le monde contemporain. Pour finir, dès le 16 mars, l’Académie de Meuron a Quartier libre, pour tenter d’activer l’espace plutôt que de le remplir. Le théâtre et sa scène deviendront lieux d’expérimentation.
Propositions originales
Le Pommier peut se targuer d’une programmation particulièrement riche, avec des propositions variées. Du 22 au 24 septembre, dans Le soleil se lève aussi pour les cassos, Laurène Marx propose un monologue sur musique énervée, entre théâtre, performance et musique, pour parler d’amitié. Dans une forme poétique, elle se demande comment celle-ci se développe en temps de paix et comment elle résonne lorsque les moments de lutte surviennent. On retrouvera un autre de ses textes du 1er au 3 décembre, avec Portrait de Rita. Bwanga Pilipili, seule sur scène, raconte un fait divers qui a marqué la Belgique lorsqu’un jeune écolier de 9 ans est plaqué au sol par la police après avoir dénoncé les insultes racistes de ses camarades. Le spectacle interrogera, à travers plusieurs regards, la blanchité, les projections identitaires et la déshumanisation.
Dans un tout autre style, Jeanne Spaeter reviendra, accompagnée de Nicolas Perrochet, avec Friteuse. Et si on décidait de tout plaquer pour vendre des frites ? Après Amour sous contrat, l’artiste mêle encore une fois expérience sociologique et performance théâtrale, en narrant son expérience bruxelloise lors de laquelle elle a tenté de devenir quelqu’un d’autre en 5 étapes. En janvier, Claire Diterzi proposera Puisque c’est comme ça je vais faire un spectacle tout seul. Destiné au jeune public, ce spectacle se présente comme un mode d’emploi imaginé par Anya, une jeune fille décidée à écrire un opéra, mais à qui l’on dit qu’il n’existe aucune grande compositrice…
En février, Benoit d’Afrique proposera une lecture poétique électrisante des Paroles en état de siège, où il parle d’exil, de guerres et de corps meurtris. Des textes engagés pour parler de migration et d’oppression. Le 13, à la veille de la fête des amoureux/ses, on vous propose L’autre Saint-Valentin, pour fêter l’amour sous toutes ses formes, en collaboration avec La Case à Chocs. Au programme, deux spectacles en première suisse, un apéro dînatoire, puis un Karaoqueer et une fin de soirée électro ! Le mois se conclura avec Frédéric Ferrer et De la morue – Cartographie 6. Dans cette drôle de conférence, il évoquera le commerce triangulaire, le libéralisme et la montée en puissance des États-Unis, à travers le symbole que représente la morue.
En mars, une performance de Habibitch nous invitera à Décoloniser le dancefloor : entre stand-up, conférence, manifeste et discothèque, il s’agira d’interroger les mécanismes du racisme systémique, à travers le dancefloor. Trois jours plus tard, Engel&Magorrian nous convierons à un spectacle jeune public intitulé Quel temps !, où la météo n’en fait qu’à sa tête. Alors, comment réagir quand il ne pleut pas alors qu’il devrait ? Ou quand le ciel devient acteur principal du spectacle.
La saison théâtrale se conclura avec deux ultimes propositions. La tente, spectacle jeune public, se jouera le 23 mai et narre la nuit de deux jeunes enfants sous une tente dans le jardin. Peur du noir, des bruits… comment devenir courageux/se face à tout cela ? Enfin, Florence Minder présentera Good Mourning! VOSTFR (Reloaded), un stand-up bilingue sur le deuil, pour tenter de cartographier des espaces mentaux souvent mis de côté. Comment se reconstruire à l’aide d’une langue qui n’est pas la nôtre et qui pourrait permettre d’exprimer ce qui est enfoui ?
Premières suisses
Le Pommier accueillera enfin plusieurs premières suisses, à commencer par La lente et difficile agonie du crapaud buffle sur le socle patriarcal, inspiré de l’émission Réplique de France Culture du 4 décembre 2021. Plusieurs philosophes s’entretiennent sur l’évolution des rapports entre hommes et femmes. Le débat devient rapidement une démonstration de féminisme, et c’est une véritable masterclass sur le sujet qui est proposée. À découvrir fin novembre. En février, place à Une chose vraie, qui interroge la façon dont une actrice se construit tout en étant touché très tôt par la maladie d’Alzheimer. Aidée d’une oreillette, Ysanis Padonou s’empare du texte de Romain Gneouchev pour un moment qui s’annonce déjà intense.
Nous l’évoquions à l’occasion de L’autre Saint-Valentin, deux premières suisses, sur le thème de l’amour, vous seront proposées. À commencer par Au-delà de la pénétration, où Yves Heck s’emparera du best-seller de Martin Page, pour se questionner avec humour et anticonformisme sur les pratiques sexuelles dominantes. S’ensuivra La déclaration d’amour de Louis Hee à John Ah-Oui, un véritable poème amoureux déclamé, crié même, sur une plage en pleine nuit. Ou comment représenter l’amour queer exclu des représentations au théâtre depuis si longtemps.
La danse sera aussi à l’honneur, avec Un spectacle que la loi considérera comme mien + Swan Lake Solo. En association avec l’ADN Danse, ce sont deux performances de la chorégraphe franco-ukrainienne Olga Dukhovna qui seront à voir. Elle questionnera la la propriété d’une chorégraphie, accompagnée d’une juriste, avant d’imaginer une version solo du célèbre Lac des cygnes.
De la musique enfin
La programmation pluridisciplinaire ne serait pas complète sans un peu de musique. Au mois de mai, Le Pommier accueillera au Temple Allemand de La Chaux-de-Fonds un concert exceptionnel des Islandaise de Nordic Affect. Le projet Driftwoods mêle différents styles, entre musique baroque et folk nordique, pour des sonorités uniques. Le 13 mai, enfin, Oog et In Trees oscilleront entre Viscose Pop et Post Pop, pour un univers sonore particulier et difficile à définir. Le mieux est encore d’aller les écouter.
Aucune excuse, vous ne pourrez pas dire qu’il n’y en a pas pour tous les goûts au Pommier en 26-27 !
Fabien Imhof
La programmation complète et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site du Pommier.
Photo : ©Le Pommier
