Les réverbères : arts vivants

Nouvelle page pour le Pavillon ADC, entre continuité et renouveau

Pour sa première saison à la direction du Pavillon ADC, Lou Colombani imagine une programmation placée sous les signes du dialogue et de l’ouverture. Elle revient sur les temps forts de cette édition, les artistes qui la composent et le rôle que peut jouer aujourd’hui une institution culturelle au cœur de la société.  

Une première saison en dialogue et en équilibre 

Cette saison marque la première édition conçue par Lou Colombani depuis son arrivée à la direction du Pavillon ADC en 2025. La programmation est cosignée avec Léo Chavaz, déjà présent aux côtés d’Anne Davier. Celui-ci apporte une continuité précieuse dans l’histoire récente de l’institution, car pour Lou Colombani, il est plus pertinent de construire une programmation à deux : « travailler dans la dialectique permet de confronter les regards, d’enrichir les réflexions et d’ouvrir davantage les perspectives sur le monde »1. 

La saison cherche à maintenir un équilibre entre plusieurs dimensions : créations et coproductions, accueil de spectacles et projets portés directement par l’ADC, artistes locaux et internationaux. La directrice le souligne : « inviter des artistes internationaux n’est pas seulement une ouverture vers l’extérieur : c’est aussi une manière d’enrichir la scène locale par de nouvelles pratiques, esthétiques et points de vue ». 

Le Pavillon ADC poursuit également ses collaborations avec d’autres acteurs culturels du territoire, notamment Creative BPM, une plateforme genevoise qui œuvre à mettre en lumière et amplifier les voix féminines issues des cultures populaires afro-américaines, ou encore des incontournables comme La Bâtie ou Antigel. Pour Lou Colombani, il est essentiel de maintenir ces partenariats avec les institutions locales, qui permettent de renforcer la dynamique culturelle genevoise. 

Temps forts de la saison 

Parmi les moments marquants de la programmation figure le festival Emergentia, consacré à des artistes émergent-es, dont les propositions interrogent le monde contemporain sous des angles variés, avec notamment la création de Sami Lea Samira Bernath, qui met en dialogue les traditions culturelles suisses avec le monde d’aujourd’hui. Une œuvre décrite comme très prometteuse, une exploration de l’oubli, du refoulement et de la mémoire qui se cache en dessous des montagnes helvètes. 

 

Autre proposition remarquée, celle de Mackenzy Bergile, artiste franco-haïtien, dont le texte, d’une grande puissance poétique, explore les violences subies par les corps noirs. Dans Autothérapie : Unbolting Colonial Statues from Our Consciousness, l’artiste pluridisciplinaire déroule une série de séances-fragments qui mêlent une géographie de souvenirs, de traumatismes et de références culturelles.  

Une programmation pensée pour tous les publics 

Le Pavillon ADC affirme sa volonté de s’adresser à tous les publics dès le plus jeune âge. Certains spectacles sont ainsi accessibles aux enfants dès trois ans : Funny games de Clédat & Petitpierre rejoue une sorte de Toy Story dansé : que se passe-t-il quand les jouets d’une chambre décident de s’animer ? 

Cette diversité répond à une ambition forte défendue par Lou Colombani : « permettre à chacun et chacune, quels que soient son âge, son origine sociale ou culturelle, de trouver une proposition qui lui parle ». La directrice souligne qu’une programmation ne peut pas plaire à tout le monde, mais qu’elle doit offrir suffisamment de diversité pour que chacun puisse s’y reconnaître. 

Les œuvres présentées abordent des sujets multiples et reflètent une attention constante aux enjeux contemporains. Citons notamment le travail de Caroline de Cornières qui accompagne les performeur-euse-xs Avril Nyx et Niels Vossenberg, livrant une réalité intime, invisibilisée et complexe qui questionne autant les tabous que les injustices auxquelles les personnes porteuses de handicap font face.  

Une institution attentive à sa responsabilité sociale 

Le Pavillon ADC s’est doté d’une personne référente en matière de responsabilité sociale et sociétale des organisations (RSO). Cette démarche vise à rendre l’institution durable sur l’ensemble de ses activités : conditions de travail, gouvernance, relations humaines et cohérence entre les valeurs défendues dans les œuvres programmées et les pratiques internes de l’organisation. 

Pour Lou Colombani, il est essentiel de veiller à une cohérence entre ce que l’institution donne à voir sur scène et la manière dont elle fonctionne au quotidien. 

Les artistes complices au cœur du projet 

Trois artistes complices accompagneront le Pavillon ADC sur plusieurs saisons : Anna-Marija Adomaitytė, Jerson Diasonama et Maud Blandel. Deux soirées de présentation leur seront consacrées le 1er et 2 octobre. 

L’objectif est de permettre aux artistes elleux-mêmes de porter la parole autour de leur travail et de partager leurs processus de création avec le public. Performance, projection de film, écoute collective d’une pièce sonore, conversations polyphoniques, la multiplicité des formats offrira une occasion privilégiée de comprendre les orientations artistiques qui façonneront le Pavillon ADC dans les années à venir. 

Renforcer les liens avec la société 

Au-delà des spectacles, la saison sera rythmée par de nombreuses activités de médiation : ateliers de pratiques corporelles, milongas, ateliers du regard destinés aux adolescent-es ou encore groupes de réflexion réunissant des professionnel-les des secteurs social, éducatif et de la santé. 

Ces projets s’inscrivent dans une logique de temps long et de co-construction. Ils témoignent de la volonté du Pavillon ADC de développer des collaborations avec des personnes et des structures issues d’autres champs que celui de la culture. Tout autant de raisons de venir découvrir le projet de Lou Colombani et de son équipe, au long de cette saison qui s’annonce passionnante ! 

Léa Crissaud 

La programmation détaillée est à retrouver sur le site du Pavillon ADC 

Photos : © Banner : DAVY, photo 1 : Pavillon ADC, photo 2 : Elin Berge 

 

Léa Crissaud

Passionnée par la culture sous toutes ses formes, Léa s’est engagée au sein du comité de La Pépinière il y a un an. Elle y coordonne aujourd’hui le Pôle Cinéma, avec la volonté de partager sa passion et de rendre l’art accessible au plus grand nombre. Elle écrit entre son travail de barista, ses études en médiation culturelle, et la coordination des cours à la Fête de la danse de Genève.

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