Recette pour faire marcher les contes

L’un de vos proches montre-t-il une trop grande réticence à l’égard des contes ? L’artiste allemande Anne Klinge ne se contente pas du pouvoir de la voix, mais fait des pieds et des mains pour rendre la fiction accessible et agréable à tous. Voici le Fusstheater.

La conteuse est sur le dos, comme prise sur le vif, lors d’une séance d’ostéopathie ou d’un repos matinal. Elle arrive du Nord, d’Allemagne, et c’est peut-être un clin d’œil amical au narrateur de Kakfa, devenu cafard et surpris les quatre pattes en l’air, un beau matin. (Voir d’ailleurs à ce propos la critique de La Métamorphose !)

L’idée d’Anne Klinge surprend. Chacun de ses orteils est vêtu : chapeau, perruque, tissu en guise de costume ; ses ripatons deviennent ainsi marionnettes et s’animent suivant les paroles de leur maîtresse. On y voit un fin pied-de-nez aux marionnettes séculaires, à fil ou bunraku.

Cette fois, le conte porte sur les planches l’histoire d’un roi de mauvaise réputation cherchant à obtenir l’amour d’une jolie princesse. Le compagnon domestique du roi, le chat, lui sera d’une aide fidèle dans sa quête. Une flexion du duo des hallux et nous voici aux côtés du roi.

Le travail délicat et précis de cette joueuse de pieds attise notre admiration et nous tire parfois hors du conte tant on est subjugué par la prouesse technique. On capte l’histoire par bribes, ce qui ne semble pas problématique : le spectacle est simple à comprendre (pour les germanophones, précisons-le – les pieds ne sont pas encore bilingues !) et l’intrigue suit des chemins que l’on connaît. Revenons à notre jolie princesse : cette dernière souhaite mieux connaitre le roi et souhaite savoir tout ce qui lui appartient. De sujets en sujets, elle comprend quelle est l’étendue du territoire du roi, mais une fois arrivée au château, elle… Pour connaître la suite, ses pieds n’attendent que ça : venir se produire sur une scène romande, avec sous-titres bien sûr !

Laure-Elie Hoegen

Infos pratiques :

Fusstheater de Anne Klinge

Mise en scène : Anne Klinge

Avec : Anne Klinge

Photos : Sabine Burger

Laure-Elie Hoegen

Laure-Elie H. souhaite contempler, observer puis archiver et causer de la vie des scènes romandes. Voici ce qui la nourrit parallèlement à son parcours partagé entre germanistique, dramaturgie et pédagogie. Vite, elle vous attend au café des Planches ou pour une lecture inattendue !

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