Saison exigeante et passionnée au Pulloff
Pour cette 26ème saison, le Pulloff Théâtres, à Lausanne, propose sept créations et quatre accueils. La promesse est belle : des auteur/trices résolument modernes et engagé-es, et de l’émotion avant tout. Classiques revisités, music-hall, écritures contemporaines et spectacles pluridisciplinaires seront à voir à partir du 21 août prochain.
Isabelle Bonillo aura le bonheur d’ouvrir cette saison en revisitant de grands auteurs dans Cyrano, Phèdre et les autres… Seule sur scène, elle traversera différents monologues célèbres, comme la fameuse Tirade du nez de Cyrano, le « Au voleur, voleur » d’Harpagon, ou encore le « Ô rage, ô désespoir » de Don Diègue. Ce sera l’occasion de parler de son quotidien, depuis l’intérieur d’une loge, pour réfléchir au lien entre le théâtre et la vie.
Dès le 24 septembre, on revient à un spectacle d’apparence plus terre-à-terre. Dans un huis-clos en forme de thriller théâtral, on tentera de comprendre ce qui s’est passé avec Elle Babić durant un voyage d’études à Trêves. Fake news et autres discours trompeurs sont au programme, pour résonner avec notre actualité. Un peu plus tard, Lucas Savioz, accompagné au chant par Paola Landolt, interprétera cinq monologues inspirés de cinq tableaux de Jean-Gabriel Chobaz, exposés à la Malagacha Gallery. Dans John G. Picture ou Petites errances chromatiques, il donnera voix à l’art pictural, entre œil de l’artiste et regard du/de la spectateur/trice.
L’année 2026 se terminera avec le Music-hall de Jean-Luc Lagarce. La Fille, interprétée ici par un homme, raconte une disparition, et sa vie d’artiste entre gloire et oubli. Jeu sur l’identité, réflexion sur l’âme d’artiste. Jacques Michel reprend la mise en scène de Véronique Ros de la Grange, décédée – et c’est tout un symbole – trente ans après l’auteur de cette pièce écrite alors qu’il apprenait qu’il était atteint du Sida. 2027 débutera avec un véritable monstre. Philippe Cohen présentera Dr. Jekyll et Lady Hyde, un spectacle en noir et blanc. Les progrès du Dr Jekyll seront-ils couronnés de succès ou d’angoisse ? Il faudra le voir pour le savoir…
Du 16 au 28 février, Vincent Bonillo mettra en scène A et B, un couple d’ultra-riches totalement déconnectés des réalités du monde, mais aussi de leurs émotions. Dans Hors sol symphonie, c’est une expérience sociale et une mise en abyme qui sera proposée, entre déclassement social, misère, crise migratoire, inégalités et j’en passe… On changera totalement de décor, mais peut-être pas complètement de thématique, du 17 au 21 mars. Dans Le Bal des Largués, Paola Landolt, dans une mise en scène de Caroline Althaus, raconte ce qui se passe après le crash, quand on ne pourra plus se dire que « Jusqu’ici, tout va bien. »

Après avoir notamment incarné Oscar Wilde, Geoffrey Dyson revient cette fois pour parler d’un être tout à fait différent. Dans L’ornithorynque, il se demande comment ce qui est apparemment une aberration de la nature fait pour vivre encore. Il ne s’agira pas de parler de l’animal mais, plus métaphoriquement, d’un couple et de son fils, avec une revisite de la même scène dans différents styles. Jubilatoire, vous avez dit ? À voir du 13 au 28 avril 2027.
Du 18 au 30 mai, place à un spectacle d’Evelyne Knecht, qu’elle co-mettra en scène avec Didier Carrier. Dans Y paraît que si on touche le fond, après on remonte…, on s’interrogera sur un futur proche et possible, quand un algorithme aura pris le pouvoir et imposé un nouveau système basé sur l’autocratie et la surveillance permanente. Nous ne sommes peut-être pas si loin que ça d’une telle dystopie. On retrouvera ensuite, Faire corps, mis en scène par Claire Nicolas,et avec des compositions musicales signées Gérard Massini et César Decker Auberson, inspiré du recueil de Quentin Mouron Pourquoi je suis communiste. Dans ce spectacle pluridisciplinaire il s’agit d’explorer ce qu’il nomme « intimité radicale », ou comment redéfinir la tendresse comme acte de résistance nécessaire. Enfin, la saison se terminera avec Collision. On y racontera une rencontre, parmi celles qui se trouvent au commencement. Genèse de l’amour ou réécriture de ce récit mythique ? On le saura les 24 et 25 juin prochains.
On vous avait prévenu, la saison du Pulloff Théâtre s’annonce ambitieuse et pleine d’émotions !
Fabien Imhof
Le programme complet et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site du Pulloff Théâtres.
Photo : ©Geoffrey Dyson
Affiche : ©Vlad Chinkarev
