Second souffle avec l’Hiver de Cæcilia
Dans le magnifique lieu qu’est la Scène Cæcilia, l’Hiver éponyme vise à encourager la reprise et le rayonnement de spectacles locaux, pour soutenir les compagnies indépendantes. Sept propositions seront au programme cette année, du 8 janvier au 8 mars.
Depuis que Valentin Rossier a repris la direction des lieux, il a à cœur d’offrir un second souffle à des productions genevoises indépendantes, pour permettre aux troupes de se développer et de bénéficier d’un espace idéal. Pour ce faire, le théâtre est mis à disposition, avec ses ressources tant en termes techniques que de communication, de fonctionnement et d’organisation, et ce au cœur de la rive droite, pour une visibilité nouvelle. Le projet se définit comme « un acte solidaire et une modeste vitrine » pour les créateur-ices locaux/ales. Une initiative qui prend tout son sens dans des temps pas évidents pour la culture. Passons sans plus attendre à la présentation des sept spectacles au programme.
Du 8 au 11 janvier, Nastassja Tanner présentera son Monologue Feydeau, co-mis en scène par Grégoire Strecker. Dans ce théâtre hors-genre, entre performance, transe, poème et stand-up, la comédienne s’appuie sur la première version de Mais n’te promène donc pas toute nue !, écrite en 1910, pendant la canicule et qui parle… de canicule ! Comme quoi le sujet n’est pas nouveau, ni propre au XXIe siècle. Alors, à quoi cela ressemblera-t-il sur le plateau de la Scène Cæcilia ? La même comédienne sera encore présente du 15 au 18 janvier, dans Je suis le vent de Jon Fosse. Voyage imaginaire en mer, le texte du Prix Nobel 2023 raconte bien plus que ce périple. Il s’agit de parler d’absence, de départ, de séparation… l’avant, l’après, la mort dans la vie ou la vie dans la mort. Un propos métaphorique, poétique et profond, sur lequel Nastassja Tanner nous emmènera voguer en plein cœur de l’hiver.
Ahmed Belbachir, dans une mise en scène d’Anna Budde, reviendra ensuite présenter Mon Molière. Reprenant les mots du maître de la dramaturgie, il jonglera avec les répliques dans une véritable ode au théâtre, une déclaration d’amour aurait-on même envie de dire. Ce comédien qui arpente les scènes genevoises et romandes depuis de longues années tend à rendre tout ce que le théâtre lui a donné dans un spectacle flamboyant, drôle et sincère, à voir du 20 au 25 janvier. Il laissera ensuite sa place à un autre grand nom de la scène romande : Roland Vouilloz incarnera Le Bizarre, un personnage à la marge, qui soliloque dans sa tête et réfléchit au monde. Un texte écrit sur mesure par Fabrice Melquiot et mis en scène par Jean-Yves Ruf, qui nous tend un miroir et nous apprend à vivre avec notre propre décalage face au monde. Touchant, brillant, émouvant et drôle à la fois, ce sera à voir du 28 janvier au 6 février.
Autre monologue, tout aussi fort, mais totalement différent, Furie mettra en scène Leonor Oberson, alias Hélène Chatterton, qui disparaît dans la nature juste avant la course la plus importante de sa carrière. Prise par l’angoisse, elle interrogera son rapport à la vie, à la compétition… Véritable héroïne moderne, elle questionnera ce que l’on peut faire, alors que tout menace d’imploser. Un spectacle qui se jouera du 7 au 11 février. Puis, avant de prendre des vacances bien méritées à la fin du mois, nous retrouverons Antony Mettler, à la mise en scène et au plateau, accompagné de Mathilde Baraux, Maria Mettral et Steve Riccard. Un véritable vaudeville où la femme d’un politicien en pleine campagne apprend une nouvelle bouleversante, alors que la fille du couple débarque avec d’autres annonces fracassantes, qui mettra à mal l’équilibre familial…
Pour conclure cet Hiver à Cæcilia, on retrouvera Vincent Jacquet et la drôle d’expérience proposée par Daniel Keyes dans Des fleurs pour Algernon. Dans ce monologue intimiste et une mise en scène simple, il raconte le parcours de Charlie, cet employé aux capacités intellectuelles limités, à qui on parvient à augmenter fortement le quotient intellectuel. Sa vie change, ses relations aussi, ainsi que son rapport à lui-même et aux autres. Ou comment la prise de pouvoir peut avoir une influence inattendue sur nos comportements. À voir du 3 au 8 mars.
Fabien Imhof
La programmation complète et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site de la Scène Cæcilia.
Photos : © Scène Cæcilia
