« A Hint of Metal » : Samuel Jakubec aux cymbales !

Créer… voyager… modeler le(s) son(s) comme une matière vivante, un métal organique qui résonne dans le silence. À Genève, le confinement a ouvert la voie à la création : aujourd’hui, découvrez « A Hint of Metal », une performance sonore étonnante, composée et interprétée sur cymbales par Samuel Jakubec.

Samuel Jakubec est un de ces musiciens qu’un seul mot peut résumer : la polyvalence. À l’aise dans de très nombreux styles (du jazz au metal, en passant par le reggae/ska ou, comme ici, la performance sonore), il n’a de limites que celles de son imagination. Tout petit, on l’inscrit dans des cours de flûte à bec… mais est fasciné par la batterie de son prof ! Un instrument brillant, imposant, bruyant… voilà ce qui lui faut ! Depuis, cet amour ne l’a pas quitté, mais s’est mâtiné d’autres influences, d’autres percussions – auxquelles s’est greffée une formation solide. Élève de Raùl Esmerode au Conservatoire Populaire de Musique de Genève, Samuel a décroché son diplôme en 2006, avant d’entrer à l’AMR (Association pour l’encouragement de la Musique impRovisée), dans les ateliers de François Chevrolet et Olivier Magnenat. Cap, alors, sur le jazz, l’improvisation et les possibilités infinies de la batterie. Actuellement, Samuel partage son temps entre ses multiples projets musicaux et l’enseignement à l’école de Musique de Divonne et en privé.

Un voyage sonore

À travers sa musique, Samuel essaie d’envoyer ses auditeurs sur une autre planète, dans un autre monde… et ça marche ! Pour s’en convaincre, il suffit de se laisser bercer par les sonorités hypnotiques de « A Hint of Metal »… Comment Samuel a-t-il créé cette performance intrigante ? « L’idée m’est apparue pour la première fois en découvrant le percussionniste Fritz Hauser, qui jouait au BFM de Genève il y a de ça une petite quinzaine d’années. Je me suis en partie inspiré de sa prestation afin de développer une sorte de performance improvisée en tant que soliste. Étant batteur à la base, j’ai pour habitude de jouer en groupe sur un mélange de tambours et de cymbales, tout en restant assis derrière l’instrument. Afin de sortir complètement de cette zone de confort, j’ai opté pour une performance axée uniquement sur les cymbales, en les jouant debout… et seul naturellement ! Le développement est entièrement improvisé, j’ai seulement présélectionné les cymbales en choisissant principalement le type ride (habituellement entre 20 et 24 pouces) qui donne de magnifiques résonances. J’ai eu notamment l’occasion d’expérimenter ce projet en live à deux reprises grâce au festival-concept Arboretum, crée et organisé par mon ami Eloi Calame. Les bons retours du public présent m’ont poussé à aller plus loin dans la concrétisation de ce projet. »

Un lieu, des instruments

Le lieu a également son importance. Comme la musique de Samuel, il est à la fois apaisant et envoûtant. L’enregistrement s’est déroulé en mai 2020, au temple du Petit-Saconnex (Genève)… soit, dans une situation qui n’était pas particulièrement facile ! Mais le rendu est impressionnant. Comme l’explique Samuel, l’endroit n’est pas choisi au hasard : « la résonance naturelle qu’il y a dans cette église m’a permis de beaucoup m’amuser avec les dynamiques et les vibrations de mon installation. C’est Thomas Florin, avec qui je travaille régulièrement, qui s’est chargé de l’enregistrement, et Carina Freire qui a filmé la prestation. J’avais une idée assez précise du résultat final que je visais, alors tout s’est déroulé plutôt rapidement, et sans la moindre anicroche. » Quand au titre de la performance, il a évidemment une signification très marquée : « Ce titre fait honneur à la matière universelle qui compose les cymbales. La pièce dure environ une vingtaine de minutes et se divise en quatre chapitres, qui correspondent aux différents changements de baguettes que j’utilise. Chaque chapitre propose un développement parfois fois rythmé, parfois non. Je joue avec le volume sonore, le tempo, l’énergie et la multitude de différentes sonorités que propose une cymbale. »

Et pour la suite ?

Samuel n’est pas à cours de projets, loin de là ! Quant à savoir s’il va donner suite à cette performance sonore, c’est une autre histoire… « Actuellement, je n’y ai pas encore beaucoup réfléchi, car j’ai d’autres projets musicaux qui demandent pas mal d’investissement. Néanmoins, j’espère que j’aurai l’occasion de jouer cette pièce en public une fois ou l’autre. Et j’ai déjà quelques idées nouvelles afin de développer plus loin cette expérience. Je ne suis pour l’instant qu’au début de cette “exploration”. L’enregistrement d’un éventuel album n’est pas à exclure également… » En tout cas, on lui souhaite bon vent pour la suite de ses aventures – bon vent… et bon rythme !

Propos recueillis par Magali Bossi

La vidéo est disponible en intégralité ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=cApdxwgwbEA   

Site internet :
https://samueljakubec.wordpress.com/

 Photos : ©Samuel Jakubec

Magali Bossi

Magali Bossi est née à la fin du millénaire passé - ce qui fait déjà un bout de temps. Elle aime le thé aux épices et les orages, déteste les endives et a une passion pour les petits bols japonais. Elle partage son temps entre une thèse de doctorat, un accordéon, un livre et beaucoup, beaucoup d’écriture.

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