Écrire pour cohabiter : devenir… un-e autre vivant-e (2)
En collaboration avec la Maison Rousseau et Littérature (MRL), l’autrice Magali Bossi anime depuis plusieurs années des ateliers d’écriture à destination des classes. Pour les élèves du Secondaire I, elle propose une découverte l’écopoétique – autrement dit, l’écriture du point de vue d’un-e autre être vivant-e.
Chouette, renard, chêne, araignée, lierre… les élèves ont relevé le défi pour endosser les plumes, pelages, feuilles et carapaces de chitines de ces êtres que nous côtoyons, parfois au quotidien, de près ou de plus loin.
Découvrez le deuxième texte de cet atelier, issu de la classe de Jonathan Tholoniat, qui a développé le projet pédagogique « Écrire pour cohabiter » au Cycle d’orientation du Vuillonnex. Un récit tout en malice, sur un jeune animal bien curieux…
Dans mes yeux
Wow wow
cr…cr…fff…fff
Je joue dans l’herbe avec des abeilles.
Elles butinent des fleurs de toutes les couleurs.
La lueur commence à se cacher derrière la falaise.
Il est temps que je rentre au terrier douillet, où il y a ma maman chérie.
Sur mon passage, je vois quelque chose. C’est pâle et collant.
Il ne fait aucun bruit…
Je m’approche doucement.
Je le renifle, ça sent la menthe et je le touche, c’est mou,
Je le mets dans ma bouche et
hkeu hkeu…
Ça ne veut plus ressortir de ma gueule ;
Je n’arrive presque plus à respirer, je vois des tourbillons multicolores.
Je m’allonge et tente de crier à l’aide mais presque aucun son ne sort de ma gueule…
Il reste bloqué, il est difficile de l’éjecter…
D’un coup un petit morceau sort de ma bouche, assez pour que je puisse parler et respirer.
Je me remets sur mes pattes et continue ma marche vers le terrier.
JE SUIS TERRIFIÉ !
Une fois rentré, je cours vers ma mère et lui explique toute l’histoire.
Heureusement elle me dit comment faire pour me débarrasser de ce machin dans ma gueule :
— Met la tête en bas et crache fort continue jusqu’à ce que tout s’en aille.
Une fois tout enlevé je prends une grande inspiration et je remercie ma mère.
Dans la soirée je joue avec ma queue orange et touffue, je sens le vent siffler dans mes oreilles pointues. Mon pelage doux me chatouille, puis je rentre manger.
Le soir, maman a ramené une poule pour le dîner.
Après le repas, je me suis blotti contre ma mère et je me suis endormi.
Naïla et Eva
Photo : © Gab-Rysia (sur Pixabay)
