Les réverbères : arts vivants

Huit spectacles pour un programme toujours éclectique

La nouvelle saison du Théâtre Silo du Lac, à Renens, continue dans la même vague que les précédentes : des spectacles variés, une dimension intimiste avec une jauge réduite, et la possibilité offerte de développer des spectacles professionnels.

« Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie »

C’est avec ce mantra, emprunté à Etienne Daho, que Pierre Cleitman ouvrira les feux de cette saison, le 13 septembre prochain. Dans Mon dernier müesli avant la fin du monde, il nous invitera à assister à une extravagante conférence, basée sur la préparation de ce mets typiquement suisse. L’occasion de développer la méditation de pleine conscience et d’explorer diverses thématiques, universelles ou loufoques. De quoi bien illustrer la volonté d’éclectisme de la programmation de saison, dès le premier spectacle !

Le 2 octobre, Alice Businaro (jeu et piano) et Béatrice Nani (jeu et chant) présenteront Il cabaret delle Francesi, dans une mise en scène de Paola Landolt. Deux Italiennes aux histoires semblables s’y rencontreront, mais leurs milieux sociaux si différents les conduiront à interroger la notion de double culture, d’identité, mais aussi d’héritage et d’histoire personnelle. Humour et poésie sont au programme de ce spectacle qui s’annonce doux.

Peur et liberté

Pour conclure 2026, dans la grisaille automnale de novembre, le Collectif nunc théâtre nous proposera des Jours radieux : dans cette comédie grinçante, trois personnages – le Blond, la Blonde et la Blondinette – sembleront vivre loin des tracas du monde extérieur. Et pourtant, ce sera bien la peur qui les empêchera d’aller à la rencontre dudit monde. Sera-t-elle bonne conseillère ? Un texte terriblement actuel, dans une mise en scène de Jo Boegli.

2027 rimera en revanche avec liberté. Du 8 au 24 janvier, la Cie Super Trop Top de Delphine Lanza mettra en scène des personnages qui s’interrogent sur leur vie, leurs façons d’être et la peur de se tromper… Les Enfants Tanner, de Robert Walser, sera un spectacle plein d’empathie, dans lequel on explorera la complexité autant que la singularité de l’être humain.

Une suite aux accents hispaniques

Du 4 au 7 février, place au Quichotte et Pança, de Quentin Lepot et Dorian Giauque, dans une mise en scène de Sara Uslu, dont on avait pu voir un aperçu lors d’un précédent Cabaret B.E.T. Le classique de Cervantes y est revisité très librement, sur fond de mésaventures et de chevalerie quelque peu dépassée. Sans méchanceté, mais avec beaucoup d’humour, le duo se questionnera sur le fond de l’histoire de Don Quichotte, qui nous ramènera à cette question : et si la fiction, la littérature et le théâtre étaient indispensables ?

Le 12 mars, William Fierro, Béatrice Mayor, Pablo Iriarte et Eric Mosimann nous feront voyager en Amérique du Sud, sur les airs d’Encanto. Tout est inspiré de la vie quotidienne, où les quatre artistes s’allient pour un spectacle musical mêlant leurs différents univers, entre la guitare chaleureuse de William, les infinies possibilités vocales de Béatrice, l’énergie des percussions de Pablo, et l’espièglerie de la contrebasse d’Eric.

Finir avec des œuvres pour le moins originales

Les deux derniers spectacles de la saison présenteront des titres pour le moins intrigants. À commencer par Démocratie, Coca & Cigarettes, à voir du 15 avril au 2 mai. S’appuyant sur des textes de Julie Timmerman et de Gwendoline Soublin, la pièce nous plongera dans les méandres de la manipulation des foules. Dans ce diptyque percutant, et derrière un humour corrosif bien senti, il s’agira aussi de réfléchir aux zones d’ombres qui demeurent…

Pour clore la saison, Evelyne Knecht et Didier Carrier mettront en scène Y paraît que si on touche le fond, après on remonte… Dans ce texte de la première nommée, nous voilà plongé-es dans un futur pas si lointain où s’impose une « Nouvelle Démocratie », où la surveillance permanente règne. Les intelligences artificielles ont pris le pouvoir et des décisions absurdes – comme l’interdiction de la couleur jaune – sont prises. Dystopie ou peur de la rupture avec un quotidien devenu trop fragile ? Il faudra se rendre au Silo du Lac entre le 3 et le 6 juin 2027 pour le savoir.

Fabien Imhof

La programmation complète et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site du Théâtre Silo du Lac.

Photo : ©loisirs.ch

Fabien Imhof

Co-fondateur de la Pépinière, il s’occupe principalement du pôle Réverbères. Spectateur et lecteur passionné, il vous fera voyager à travers les spectacles et mises en scène des théâtres de la région, et vous fera découvrir différentes œuvres cinématographiques et autres pépites littéraires.

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