Les réverbères : arts vivants

Le Galpon : et si on bâyait aux corneilles ?

Cette année, le Galpon affirme une nouvelle fois son altérité et sa volonté de vibrer de manière singulière, dans une saison intitulée Avec les corneilles, divisée en trois temps et qui fait la part belle à la découverte et à la création.

Avec les corneilles. Voici un titre bien énigmatique pour une saison de théâtre et de danse. Dans leur édito de saison, Gabriel Alvarez et Nathalie Tacchella soulignent l’importance symbolique de l’oiseau. Présentes lors de l’emménagement à la route des Péniches, dans leurs arbres, à observer tout ce qui se passait, elles n’ont jamais quitté les lieux. Les corneilles, c’est aussi un moyen d’affirmer cette altérité et le lien avec la nature, comme iels l’entendent et sans suivre quelque diktat que ce soit. C’est enfin un chemin de créations, à vivre « avec » ! Avec les corneilles bien sûr, mais aussi et surtout avec les artistes et le public, pour avancer ensemble et rêver.

Une ouverture en poésie

Tout a commencé les 30 août et 1er septembre, avec l’accueil de Glottis, un voyage dansé conçu par Flora Détraz dans les profondeurs insondées du corps humain. Avant la traditionnelle soirée d’ouverture du lundi 12 septembre, où chaque convive a amené à manger, façon buffet canadien. Quand on vous parlait de la volonté d’être ensemble cette saison… Prochain événement au programme, une exposition à voir le 22 septembre prochain, autour des archives contestataires. Le Galpon ayant succédé à Artamis, le symbole est fort ! Poésie encore avec la reprise de Derrière les arbres, un spectacle de danse pour enfant ou l’histoire de Mère Ourse qui recueille des enfants perdus et les aide à imaginer l’avenir du monde.

Un temps fort pour relier Babel à Genève

En novembre et en octobre, le Galpon proposera son temps fort de la saison intitulé Tours et détours à Genève. Tout commencera lors de la Fête du Théâtre le dimanche 9 octobre. Avec la Cie de l’Estuaire, c’est un walking-talk qui sera proposé : l’occasion de découvrir Genève autrement, à travers l’œil du Galpon… Puis, les 29 et 30 octobre, il sera possible de découvrir les résultats de Babel, une création en milieu scolaire. Une classe de 4ème du CEC André-Chavanne a travaillé sur les diverses interprétations du mythe de Babel et en propose un spectacle, autours des langues et constructions. Enfin, pour renforcer encore le lien entre le mythe et Genève, quelle meilleure idée que de passer par Borges ? Gabriel Alvarez proposera pour l’occasion sa première création de la saison, Borges entre la rue de Berne et la rue Rothschild. Un spectacle qui propose de découvrir des lieux de Genève autrement, en accompagnant l’auteur dans sa déambulation, à la rencontre des fantômes et autres figures emblématiques de l’histoire culturelle genevoise…

De décembre à mars…

L’année se clôturera du 14 au 23 décembre avec un opéra lyrique, sur une musique de Philippe Dragonetti. Dans Le serpent blanc, c’est un conte sur nous et sur les autres qui sera proposé. Une princesse, un serpent, de la gourmandise… le tout inspiré des frères Grimm, voilà qui promet !

Si l’on imagine aisément ce spectacle s’adresser en premier lieu aux enfants, que dire de l’année 2023 ? Elle débutera sur les chapeaux de roue avec une mise en scène de Gilles Lambert, autour du théâtre de marionnettes, mais aussi de l’élaboration de la pensée par le discours. Un projet plutôt ambitieux pour débuter cette nouvelle année ! Thibaud Saadi proposera ensuite une adaptation de La maison de Bernard Alba de Garcia Lorca. Un classique parmi les classiques dans lequel il sera surtout question d’interroger la condition féminine d’aujourd’hui et, plus largement, nos vies à toutes et tous. Enfin, la création de Marion Baeriswyl, Nous voulons la lune, à voir du 23 mars au 2 avril, proposera une immersion sensorielle et sonore qui questionnera notre lien au monde. Ou comment se rapprocher de la nature de manière poétique.

… et d’avril à juillet

Dernière partie de saison dès le mois d’avril, avec Bleu comme une orange, une création pluridisciplinaire de Sarah Waelchli, autour de l’Amour, avec un titre inspiré du poème de Paul Eluard. Un vaste programme, pour petits et grands. Danse ensuite du 9 au 14 mai, avec Hiatus ou le bruissement de l’entre, où l’on tentera de ralentir un peu et tenter d’investir le peu d’espaces restants dans nos vies bien remplies. Une invitation à revenir aux temps précédents et à calmer la vitesse qui nous entoure chaque jour. S’ensuivra un autre spectacle de danse, Correspondance, une chorégraphie autour de la beauté de deux corps hybrides, en tentant de renverser les « canons » habituels pour transcender cette beauté et la rendre universelle. Un pari signé Caroline de Cornière. Enfin, après l’amour et la beauté, place à mort pour conclure la saison, avec une création d’Hèctor Salvador Vicente : Partie mortelle. Une tentative de résoudre cette grande énigme qui arrive à la fin de la vie, mais comment l’aborder ?

Des créations, de la poésie, de l’amour de la beauté, voilà ce qui nous attend au Galpon cette saison, Avec les corneilles ! Sans oublier les nombreux ateliers de danse et de théâtre, pour tous les âges. Au Galpon, on va rêver encore une fois, dans ce si joli lieu hors du temps !

Fabien Imhof

La programmation complète et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site du Galpon.

Photo : © Le Galpon

Fabien Imhof

Titulaire d'un master en lettres, il est l'un des co-fondateurs de La Pépinière. Responsable des partenariats avec les théâtres, il vous fera voyager à travers les pièces et mises en scène des théâtres de la région.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *