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Le Terrier : transmettre par l’oralité

« Le Terrier, lieu de l’intime, passage des mots, et de la découverte permanente ». Tels sont les mots de Philippe Lüscher pour introduire cette nouvelle saison du Terrier. Comme l’an dernier, il s’agit d’attiser la curiosité, avec la volonté de découvrir des auteur/trices à travers diverses lectures.

Dans ce théâtre miniature qu’est Le Terrier, ont été accueillies l’an dernier de nombreuses nouvelles personnes. Et c’est cet intérêt pour la découverte qui anime Philippe Lüscher et son équipe, dans un esprit de partage. Les lectures sont toujours préparées avec soin, pour mettre en avant l’oralité des mots, des phrases, des idées et des pensées. Pour cette nouvelle saison, huit lectures sont au programme.

La première sera portée par Rose-Marie Nicolas, avec un court récit signé Annie Ernaux. L’Autre Fille est une lettre adressée à sa sœur, décédée de la diphtérie à 6 ans à peine. Une sœur qu’elle n’a jamais vraiment connue, et dont elle apprend l’existence au détour d’une conversation, alors qu’elle avait 10 ans. Le sujet ne sera plus jamais évoqué, et elle ne posera aucune question dessus. Tabou, secret de famille, enfant de remplacement, construction des êtres : telles sont les thématiques de ce texte à découvrir du 29 septembre au 4 octobre.

Du 3 au 8 novembre, Nicolas Rinuy nous fera découvrir l’univers de Joseph Roth, avec La légende du saint buveur. Il nous plongera au cœur de l’hiver, lorsqu’Andreas, vivant sous les ponts de Paris, fait la rencontre d’un homme fort bien vêtu, qui lui propose de lui prêter de l’argent, en promettant de s’acquitter ensuite de sa dette auprès d’une église. Dernière œuvre de l’auteur allemand, publiée à titre posthume, elle a également été adaptée au cinéma en 1988 par Ermanno Olmi, remportant le Lion d’or à la Mostra de Venise.

Pour terminer l’année 2026, Isabelle Bosson proposera deux textes de Marie-Hélène Lafon, issus de ses Histoires, qui racontent une polyphonie de vies rurales. Dans « La Confession », on suivra un petit garçon qui fait face à sa première confession, pour comprendre comment il la vit. Puis, Alphonse racontera l’histoire d’un homme mis à l’écart, car « retardé », avant que l’arrivée d’Yvonne, bonne à tout faire, ne bouleverse sa vie. À entendre du 8 au 13 décembre.

2027 débutera avec une proposition du directeur des lieux, Philippe Lüscher, qui lira Le motel du voyeur de Gay Talese. L’auteur a reçu une lettre d’un homme confessant ses pratiques de voyeur. Journaliste de son état, il en fait un livre à la fois troublant et fascinant, dans lequel il devient lui-même complice du voyeur. Une plongée dans la psyché américaine à découvrir du 12 au 17 janvier.

Lucie Ryckewaert présentera, du 23 au 28 février, deux textes de Friedrich Dürrenmatt. Le premier date de 1990, et il s’agit du discours prononcé pour Václav Havel à l’occasion de la remise du prix Gottlieb Duttweiler, alors que l’homme politique et dramaturge avait largement contribué à la Révolution de velours en 1989. Le second texte, Le Fils, est tiré de Mister X prend des vacances, dans lequel ce personnage énigmatique tente de faire le bien pendant ses trois semaines de vacances, lui qui travaille habituellement à inciter l’humanité au mal.

Après une petite pause, on se retrouvera du 13 au 18 avril avec Carol de Quay et La Collection invisible de Stefan Zweig. Parue en 1925, cette nouvelle narre l’histoire d’un marchand d’art réputé à Berlin, qui rend visite à l’un de ses meilleurs clients, et découvre que celui-ci est aveugle. De ce fait, il ne sait pas que sa femme et sa fille ont vendu un trésor inestimable, le remplaçant par des feuilles blanches, pour faire face à la crise économique qui sévit durant les années 1920…

Au mois de mai, c’est Julien Tsongas qui lira Le Trésor de la guerre d’Espagne, de Serge Pey. Ce recueil raconte une enfance dévastée par la guerre, ainsi que par la répression politique et militaire. On y retrouvera des personnages mis à la marge de la société, avec des visions du monde différentes, enchantées, burlesques, voire hallucinées, pour transmettre ce que l’auteur porte lui-même au fond de son cœur.

La saison se terminera du 15 au 20 juin, avec une lecture collective de textes de Philippe Lüscher. On y dialoguera entre photographie et texte, pour décrypter les sensations produites par l’image, avant de se pencher sur le regard de l’auteur. Interfoto : Fragments d’histoires célèbre 50 ans d’existence d’une série de photographies, dans le dernier ouvrage de l’auteur.

L’entrée au Terrier est libre, avec un chapeau à la sortie. Et aucune excuse, car tout est facile d’accès : le parking de Cluse se trouve juste en face, tandis que des bus et des trams s’arrêtent à proximité. Alors, rendez-vous dès le 29 septembre pour entendre ces mots résonner !

Fabien Imhof

Tous les détails sont à retrouver sur le site du Terrier.

Fabien Imhof

Co-fondateur de la Pépinière, il s’occupe principalement du pôle Réverbères. Spectateur et lecteur passionné, il vous fera voyager à travers les spectacles et mises en scène des théâtres de la région, et vous fera découvrir différentes œuvres cinématographiques et autres pépites littéraires.

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