Du jardin au balcon : épisode 11

C’est le printemps ! Des jardins aux balcons, la belle saison est là… mais, quand on est enfermé.e.s à l’intérieur, difficile d’en profiter.

Du jardin au balcon est un projet d’écriture participative qui veut remédier à cette situation. La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents – amateurs, confirmés, loufoques, sérieux, timides ou exubérants. Un seul mot d’ordre : faire vivre le printemps, en observant ce qui est là – de l’autre côté de la fenêtre, sous le balcon, dans le jardin.

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, Du jardin au balcon vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures rocambolesques. À l’issue du projet, nous aimerions envoyer gracieusement le texte ainsi produit aux EMS du canton, afin d’apporter à leurs pensionnaires un peu de printemps, en cette période troublée.

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 11 : des tags sur la façade !

Sur le dos d’Aglaë cavalent des frissons ; ils viennent effleurer les deux belles poignées d’amour qu’elle porte – habitée d’une maligne intention – au regard de toutes et tous, sans prêter attention ni au temps ni aux clins d’œil amusés qu’on lui lance ordinairement au hasard.

Aujourd’hui, juchée sur ses hauts talons, Aglaë, fière, est comme un portrait accroché sur la Place du Marché.

Elle contemple et pose pour être contemplée. Elle, qui travaille le dimanche, savoure son droit d’être là et n’a nullement l’intention de courber l’échine en s’élançant corps et âme dans la quête d’un stupide TOC-TOC-TOC. N’en déplaise à sa patronne. Manière de dire qu’elle fait sa bergeronnette et n’est pas prête à choisir une seule et même direction pour le programme de sa journée…

Mais Aglaë se sent tout à coup projetée au cœur d’une cible : elle vient d’entrevoir sa cheffe, Mme Debby Goudy, bien occupée à vérifier l’avancée de son enquête avec une grosse paire de jumelles. Elle est surveillée : il s’agit de ne pas faire de vagues – du moins, pour l’instant.

C’est ici qu’il nous incombe, d’ailleurs, de renseigner nos lecteurs…

Dans la vie, Mme Debby Goudy nourrit ardemment un unique désir, après celui de – évident – vérifier les coussinets de ses matous adorés, pensionnaires du Royal Kitten : se défaire de cette employée encombrante, bien trop lisse à son goût. Oui, décidément, Mme Goudy n’apprécie pas, mais alors pas du tout Aglaë.

Et, à son avis, elle est totalement dans son bon droit. Imaginez quelques secondes et mettez-vous donc à sa place.

Levé.e à l’aube, vous avez ouvert à temps le Royal Kitten que vous dirigez d’une main de maître, astiqué et rangé l’intégralité de la boutique. Mais pourquoi ce rythme si effréné, lorsque d’autres (vos employés) s’octroient un réveil tardif ?! Vous devriez, vous, en tant que patron (ou patronne) avoir le droit de prendre un peu de bon temps, non ?

Voilà ce que pense, en son for intérieur, Mme Debby Goudy. En vérité, avec ses incessantes questions rhétoriques et sa mauvaise humeur, elle est insupportable… raison pour laquelle ses employés (ce matin-là, Aglaë, en l’occurrence) ne se pressent pas pour faire des heures supplémentaires ou arriver en avance, merci beaucoup. Mme Debby Goudy a la fâcheuse manie de tourner en boucle et de s’en prendre à tout le monde – ce qui explique peut-être ces dessins sauvagement laqués (tagués ?!) sur la façade du Royal Kitten durant la nuit…

Hélas, le coupable est encore là lorsqu’Aglaë, poussée par la suspicion de sa patronne, entreprend sérieusement son enquête dans la rue. Bombe de peinture à la main, ledit coupable fixe la jeune femme d’un œil affolé.

« Ah, ça, non ! », s’écrie Aglaë lorsqu’elle voit le jeune adolescent pris en flagrant délit.

Le visage transpirant, il tente de recouvrir rapidement son forfait de quelques planches volées sur un chantier voisin.

TOC-TOC-TOC…

Laure-Elie Hoegen

La suite, c’est par ICI !

Et pour retrouver tous les épisodes, c’est par LÀ !

Photo : © Fabien Imhof

Laure-Elie Hoegen

Nourrir l’imaginaire comme s’il était toujours avide de détours, de retournements, de connaissances. Voici ce qui nourrit Laure-Elie parallèlement à son parcours partagé entre germanistique, dramaturgie et pédagogie. Vite, croisons-nous et causons!

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