Du jardin au balcon : épisode 17

C’est le printemps ! Des jardins aux balcons, la belle saison est là… mais, quand on est enfermé.e.s à l’intérieur, difficile d’en profiter.

Du jardin au balcon est un projet d’écriture participative qui veut remédier à cette situation. La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents – amateurs, confirmés, loufoques, sérieux, timides ou exubérants. Un seul mot d’ordre : faire vivre le printemps, en observant ce qui est là – de l’autre côté de la fenêtre, sous le balcon, dans le jardin.

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, Du jardin au balcon vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures rocambolesques. À l’issue du projet, nous aimerions envoyer gracieusement le texte ainsi produit aux EMS du canton, afin d’apporter à leurs pensionnaires un peu de printemps, en cette période troublée.

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 17 : micro… scopique !

Le souffle coupé, Aglaë reste étendue, essayant de reprendre ses esprits et de rassembler ses idées. Ses doigts s’enfoncent dans une mousse verte, sentant l’humus et les champignons. C’est confortable, moelleux… faut-il vraiment se lever ?…

TOC-TOC-TOC !

Aglaë se redresse d’un coup, cherchant d’où peut bien provenir ce bruit obsédant qui commence à l’agacer sérieusement. Mais hélas, elle ne voit pas grand-chose, car elle est entourée par une multitude de troncs verts qui s’élancent dans le ciel – si loin, si haut qu’elle n’en voit pas le sommet.

« Bizarre ces arbres… on ne dirait pas vraiment du bois… qu’est-ce que c’est ?! »

Elle se lève, tend sa main vers le tronc le plus proche, le touche du bout de l’index, puis de la main… C’est lisse, vert, avec des petits poils raides… un tronc étrange. Plat. On dirait…

…non, c’est impossible ! Et pourtant…

Un très léger bruit, presqu’une impression au-dessus de sa tête, interrompt sa réflexion.

C’est un petit tapotement… qui devient de plus en plus fort… qui se rapproche de plus en plus…

Elle lève lentement les yeux et s’écarte d’un bon, évitant de justesse un… PUCERON ! Oui, un puceron, comme ceux qu’elle trouve et qu’elle aime observer à la loupe au printemps, sur les plants de tomates qu’elle fait pousser sur son balcon ou sur les soucis qu’elle aime semer dans ses suspensions de macramé. Sauf que CE PUCERON, il fait au moins TROIS MÈTRES de long et presque autant de haut !

Dans un éclair de lucidité, elle comprend que tous ces troncs sont en réalité des brins d’herbes et que la « jungle » où elle est tombée est en fait…

… UNE PELOUSE, UN CHAMP ou bien même UN PRÉ !

La tête lui tourne. C’est impossible. Impossible. L’herbe ne peut pas grandir jusqu’à atteindre le ciel ! Et les pucerons ne peuvent pas être grands comme des chars d’assaut !!!

À moins que ça soit elle, Aglaë, qui soit devenue…

La panique la saisit. Elle se met à courir en hurlant entre les troncs d’herbes, sans but, juste pour fuir ce cauchemar, se réveiller et retrouver son bar à chats et sa patronne Mme Debby Goudy, ses macramés et son balcon, et même Sidoine et son canard ridicule. Tout, tout plutôt que ce cauchemar ! Seulement, au fond d’elle, elle sait bien que c’est la réalité…

En voulant contourner un rocher (ou un gravier ?), elle s’encouble dans des filaments de lichen et plonge la tête la première dans le liquide visqueux d’un crachat de coucou. Prisonnière de la substance gluante, elle surnage comme elle peut en reprenant son souffle, lorsque, soudain…

TOC-TOC-TOC !

Sylvie Bossi

La suite, c’est par ICI !

Et pour retrouver tous les épisodes, c’est par LÀ !

Photo : © Magali Bossi

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