Du jardin au balcon : épisode 32

C’est le printemps ! Des jardins aux balcons, la belle saison est là… mais, quand on est enfermé.e.s à l’intérieur, difficile d’en profiter.

Du jardin au balcon est un projet d’écriture participative qui veut remédier à cette situation. La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents – amateurs, confirmés, loufoques, sérieux, timides ou exubérants. Un seul mot d’ordre : faire vivre le printemps, en observant ce qui est là – de l’autre côté de la fenêtre, sous le balcon, dans le jardin.

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, Du jardin au balcon vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures rocambolesques. À l’issue du projet, nous aimerions envoyer gracieusement le texte ainsi produit aux EMS du canton, afin d’apporter à leurs pensionnaires un peu de printemps, en cette période troublée.

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 32 : l’histoire de Philomène

La femme aux yeux clairs tourne sur elle-même, comme une enfant :

« Je suis Philomène, la fille de l’horloger promise à Hansel… Hansel, que mon père a chassé ignominieusement pour ne pas avoir réparé… »

Elle se dirige vers la pendule…

« … cette pendule-coucou. Lorsqu’il est parti, il a fallu que je trouve une idée – vite, pour ne pas perdre la trace de mon aimé. La nuit avant le départ de Hansel, j’ai soufflé un sortilège dans la pendule que je savais qu’il allait emporter, un TOC-TOC-TOC qui m’avertirait, au-delà du temps et de la distance, de sa présence quelque part. Malheureusement, le sortilège s’est très vite déréglé : le coucou suisse lançait toujours son TOC-TOC-TOC, mais je n’arrivais plus à savoir où était Hansel… jusqu’au jour où j’ai totalement perdu sa trace ! Il m’était impossible de le rejoindre. Pendant plusieurs années, j’ai ignoré où il se trouvait. C’est grâce à vous que j’ai retrouvé sa trace : je ne m’attendais pas à ce que vous me meniez à lui si facilement ! »

Elle tend une main vers Hansel assis sur son tabouret, tremblant encore d’émotion. Il sourit tendrement et la regarde avec tant de tendresse que son visage change. Ce n’est plus le même homme, sûrement.

« Grâce à vous mes amis », reprend la femme, « grâce à votre courage, votre curiosité qui vous a poussé à vous aventurer dans un monde insolite et mystérieux, grâce au papillon qui vous a montré le chemin de l’orchidée… nous voici enfin tous réunis. J’avais besoin de vous pour redonner le goût de la vie à Hansel et pour le retrouver, dans le monde réel. »

Elle demande à Hansel de se lever et prend le petit tabouret en bois, le pose sous la pendule, grimpe jusqu’au coucou, souffle avec force par la petite porte de l’oiseau et chante, dans un murmure :

« La première clé est que nous ne sommes jamais victimes du monde que l’on voit, quel qu’il soit. La deuxième est de bannir toutes suppositions. Alors, alors seulement, la troisième clé tu possèderas : sentencier tu ne dois jamais être et le monde deviendra indestructible. »

Les trois amis se regardent, médusés. Décidément, on n’y comprendra jamais rien à son charabia ! Que cela ne tienne, elle est vraiment trop super cette Philomène !

À cet instant précis, un grand silence envahit la ville de Carouge. Plus de TOC-TOC-TOC ! Plus du tout ! Les habitants vont enfin pouvoir dormir tranquillement !

Isabelle Isperian

La suite, c’est par ICI !

Et pour retrouver tous les épisodes, c’est par LÀ !

Photo : © Fabien Imhof

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