Du jardin au balcon : épisode 28

C’est le printemps ! Des jardins aux balcons, la belle saison est là… mais, quand on est enfermé.e.s à l’intérieur, difficile d’en profiter.

Du jardin au balcon est un projet d’écriture participative qui veut remédier à cette situation. La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents – amateurs, confirmés, loufoques, sérieux, timides ou exubérants. Un seul mot d’ordre : faire vivre le printemps, en observant ce qui est là – de l’autre côté de la fenêtre, sous le balcon, dans le jardin.

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, Du jardin au balcon vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures rocambolesques. À l’issue du projet, nous aimerions envoyer gracieusement le texte ainsi produit aux EMS du canton, afin d’apporter à leurs pensionnaires un peu de printemps, en cette période troublée.

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 28 : dans les souvenirs de l’Ancien

Kiri, comme pour encourager le vieil horloger à poursuivre son récit, vient se percher sur l’épaule de celui-ci et lui lance un Queeeelle heurrrrre est-il ? très à propos. L’Ancien soupire, mais ne peut réprimer l’esquisse d’un sourire avant de continuer :

« À la mort de mes parents – j’avais alors 17 ans –, je me suis retrouvé sans rien, avec pour seul héritage un solide bâton. Un oncle qui vivait en Forêt-Noire, ne sachant que faire de moi, m’a placé en apprentissage chez un horloger local. Il avait une fille ravissante, dont je suis immédiatement tombé amoureux… »

Là, le visage d’Aglaë s’éclaire, dans l’attente de ce qui va suivre. Sidoine, qui vient de rentrer dans la boutique et l’observe d’un air moqueur, lève les yeux aux ciel.

« Très contrarié par mon amour pour sa fille », repend l’Ancien, « l’horloger me promit alors que je pourrai l’épouser… à condition de réparer une pendule à coucou à laquelle il tenait beaucoup, mais qui était cassée depuis fort longtemps. Il m’accordait deux ans, pas un jour de plus, pour réussir cet exploit. »

« Pfffff…fastoche ! » s’exclame Skipy en se fourrant un chewing-gum dans la bouche.

« Bon, la ferme, espèce de vantard » réplique Sidoine aussi sec. « Tu peux laisser Monsieur parler ? »

L’Ancien est perdu dans ses pensées… Enfin, il poursuit :

« Je travaillai alors jour et nuit pour tenter de réparer le fameux coucou, mais il semblait comme ensorcelé. Ses aiguilles tournaient à l’envers ! Plus je m’efforçais de réussir, plus la tâche se compliquait. Une année passa, toujours rien, le temps pressait, je redoublais d’efforts, mais c’était peine perdue ! Bientôt, le temps imparti toucha à sa fin, et après deux ans, je dus me rendre à l’évidence : j’avais échoué ! »

Compatissant, Kiri incline sa tête de côté et roucoule Rrrrooooh

« Ce fut le début de ma descente aux enfers : l’horloger me chassa de la maison, m’accordant pour tout salaire la vieille pendule à coucou cassée. Je partis avec la pendule et mon bâton, seul héritage de mon père. Pour essayer de gagner ma vie, je fis du porte à porte, mais là encore, ce fut un échec. Je fus contraint de quitter le pays et après une longue pérégrination, j’arrivai à Carouge. Une minuscule boutique était à louer et je m’y installai comme horloger. »

Claudine Zbinden

La suite, c’est par ICI !

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Photo : © Fabien Imhof

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