Au Loup, l’avenir est « Entre nos mains »
La saison aurait dû s’appeler « Feu », confie Julie Gilbert au moment d’ouvrir la présentation de la saison à venir du Théâtre du Loup. Au vu de ses effets dévastateurs de cet été, c’est en étant résolument tourné-es vers l’avenir que la 3J[1] envisage sa saison, intitulée donc « Entre nos mains ».
Après une pré-ouverture avec História de Olho, accueilli dans le cadre de La Bâtie, la Fête était belle, samedi 5 septembre au Théâtre du Loup. Au programme : la traditionnelle présentation de la saison par les artistes – avec Jérôme Richer en maître de cérémonie –, suivie de l’inauguration du four à pain, avec dégustation de pizzas cuites dedans pour l’occasion. Enfin, la cerise sur le gâteau : François Gremaud était invité à présenter sa conférence-spectacle Aller sans savoir où, pour enchanter le public venu nombreux sous la chaleur estivale de retour pour l’occasion.
Avant le solstice…
Cette saison, La Pépinière poursuit sa collaboration avec le Théâtre du Loup, et continuera à vous proposer des interviews des porteur/euses de projet. Le premier d’entre eux sera Rémi Dufay – un article à découvrir dès demain – pour D’amour et d’eau fraîche. Sans trop en dire, il nous invite à suivre un metteur en scène qui décide d’annuler son spectacle à la dernière minute, pour nous emmener ailleurs… une expérience hors-les-murs à découvrir du 15 au 27 septembre. En parallèle, le trio Julie Gilbert (écriture), Lou Ciszewski (mise en scène) et Margot Le Coultre (jeu) reprend la Portative n°1, Quoiqu’il arrive. Respire., pour la reproposer au public, au vu du succès de l’an dernier.
On se retrouve ensuite du 6 au 18 octobre avec une épopée féministe qui nous invitera à réinventer le monde. Fanny Brunet et Carole Schafroth mettront en scène Les 10 petites anarchistes, ou quand dix jeunes femmes ont décidé de quitter leur petit village jurassien, au XIXe siècle, pour fonder leur propre société anarchiste et égalitaire, en Patagonie.
Du 29 au 31 octobre, Matières inflammables reviendra, sous la forme d’un focus écriture. Cinq textes d’écriture théâtrale contemporaine seront mis en lecture à cette occasion. Puis, en novembre, le Collectif Sur Un Malentendu s’emparera de Jusque dans nos bras, le roman d’Alice Zeniter, pour parler de racisme occidental, sur fond de mariage blanc. Un spectacle qui se veut joyeux, solidaire et résistant. Le mois se terminera normalement avec un accueil dans le cadre du Festival Les Créatives. Malheureusement, l’état de santé de Charlotte Riondel ne lui permettra pas de présenter son magnifique J’ai faim d’amour mais ça va être plus simple de me faire des pâtes, et une solution de secours est en train d’être recherchée. Nous lui souhaitons tout le meilleur quoi qu’il en soit !
Pour terminer l’année, le Loup accueillera tout d’abord, les 4 et 5 décembre, le festival de musique Face Z, dans sa version Face V. Entre musiques expérimentales, formes hybrides et pratiques populaires détournées, vous êtes convié-es à ouvrir vos oreilles et vos idées ! Puis, Claire et Antho vous inviteront dans la Geneva Camerata, avec Souvenirs, entre musique, théâtre d’ombres, danse et vidéo, à partager en famille. L’année se terminera, comme c’est désormais la coutume, avec le Solstice d’hiver, monté en collaboration avec le cinéaste JD Schneider, autour de l’ouverture d’un monde occulte et mystérieux. Il faudra passer les portes de ce monde étrange pour en savoir plus…
…jusqu’au suivant
L’année 2027 débutera en février, avec la Portative n°2, dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, si ce n’est qu’elle sera écrite par Thomas Flahaut, mise en scène par Jean-Louis Johannides, et jouée un peu partout dans le PAV. Puis, du 23 février au 7 mars, et pour conclure le passage du solstice d’hiver, Julie Gilbert nous invitera dans Une histoire mexicaine, ou la vraie-fausse histoire de son arrière-arrière-grand-mère qui serait partie faire fortune à Mexico, à la fin du XIXe siècle. Mais beaucoup d’éléments ne collent pas. Alors, qu’en est-il de cette légende ?
Classique suisse parmi les classiques, La Visite de la vieille dame raconte, de prime abord, une histoire de vengeance. Nathali Sandoz choisit de s’en emparer en la revoyant avec le regard de la justice. Celle que Claire Zachanassian vient réclamer. Dans un dispositif dont on ne vous dévoilera pas tous les secrets, il s’agira de revivre les événements de l’époque, pour choisir, à notre tour, de suivre les demandes de la richissime femme, ou de refuser… Que choisira la communauté de Güllen ?
Avril sera marqué par la quinzième édition de C’est déjà demain, en collaboration, toujours, avec l’Abri, la Maison Saint-Gervais et les Scènes du Grütli. Puis, nous serons projeté-es en l’an 2345, dans La grande sauvegarde, ou, alors que le monde entier est encagé, une station de radio nous invite à vivre cette étrange expérience post-capitaliste. À l’opposé, du 11 au 23 mai 2027, Dorothée Thébert et Filippo Filliger nous emmèneront en Pologne, dans la forêt de Białowieża, dernière forêt primaire d’Europe. Une invitation au rêve, face au mur construit là-bas pour empêcher certaines migrations. Ou comment, peut-être, imaginer un monde meilleur ?
Le 29 mai, place au festival Out of the box, avec Extrêmités, un projet du Cirque Inextremiste. Entre planche de guingois et bouteilles de gaz, le trio vit dans un monde qui menace constamment de s’effondrer. Que restera-t-il une fois tombé ? Puis, du 16 au 19 juin, l’école du Loup présentera, comme chaque année, ses créations, dans Sur les planches. On en saura bientôt plus sur ce que les enfants et adolescent-es auront à dire du monde. La saison se conclura le 25 juin, avec un projet autour du Solstice d’été, pour nous inviter à rêver sous l’urgence climatique. Car, rappelons-le, l’avenir est – encore et toujours – « Entre nos mains ».
Des projets estampillés Loup
Pour cette deuxième saison, la 3J, à la tête du Théâtre, poursuit également ses projets, à commencer par Autour du feu, avec différents ateliers. On pourra faire son pain, 4 fois dans l’année, avec le tout nouveau four qui trône devant le Théâtre ; participer à un stage d’autodéfense féministe antiraciste pour femmes racisées et minorités de genre racisées ; écrire autour des histoires de filiations avec Julie Gilbert ; imaginer une radio utopique avec l’équipe de La Grande sauvegarde ; et nous enforester, en écho au spectacle Le nom du monde est Białowieża. En parallèle, Jean-Louis Johannides continuera d’animer le CRU – Centre de Récolte Urbaine, pour réfléchir aux « Désirs d’avenir » en se promenant au cœur du PAV.
Alors, si vous pensez vous aussi que l’avenir est « Entre nos mains », il ne reste plus qu’à le prouver et vous rendre au Loup pour l’une ou l’autre – voire plusieurs – propositions de la saison à venir.
Fabien Imhof
La programmation complète et les détails de chaque spectacle sont à retrouver sur le site du Théâtre du Loup.
Graphisme : ©Maurane Zaugg
[1] Surnom autoproclamé par le trio de directeur/trices, dont les prénoms commencent tous par la lettre J : Julie Gilbert, Jérôme Richer et Jean-Louis Johannides
