Du jardin au balcon : épisode 8

C’est le printemps ! Des jardins aux balcons, la belle saison est là… mais, quand on est enfermé.e.s à l’intérieur, difficile d’en profiter.

Du jardin au balcon est un projet d’écriture participative qui veut remédier à cette situation. La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents – amateurs, confirmés, loufoques, sérieux, timides ou exubérants. Un seul mot d’ordre : faire vivre le printemps, en observant ce qui est là – de l’autre côté de la fenêtre, sous le balcon, dans le jardin.

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, Du jardin au balcon vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures rocambolesques. À l’issue du projet, nous aimerions envoyer gracieusement le texte ainsi produit aux EMS du canton, afin d’apporter à leurs pensionnaires un peu de printemps, en cette période troublée.

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

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Épisode 8 : 22, v’la les… !

Les autorités étaient pourtant très claires : personne ne devait sortir. Pas de rassemblement à plus de cinq, ni de réductions des distances sociales à moins de DEUX mètres. On ne voulait pas un chat dans les rues !

L’homme à képi expectore de toute ses forces et à s’en perforer les poumons dans un petit sifflet rouge. Il agite d’une manière véhémente sa main en signifiant dégagez. Devenu subitement écarlate lui-même, il retire de sa bouche son petit joujou de plastique rouge ensalivé et hurle :

« Dispersez-vous : chiens, chats, perroquets et humains, hop ! Volatilisez-vous, envolez-vous ! Je ne veux plus vous voir roucouler par ici ! »

Son comparse de tournée, avachi dans la voiture de police comme un gros matou, tire méthodiquement sur une cigarette, baissant et relevant son masque de protection, alternant méthodiquement cette manœuvre en portant le goulot d’une bonne bière fraîche à ses lèvres, essuyant ces dernières à intervalles réguliers de la manche de son uniforme bleu azur. Pour mettre un peu plus d’ambiance il enclenche le gyrophare bleu et fait partir la sirène en ululant comme un goglu des prés (également nommé bobolink, par les amateurs…).

Aglaë prend peur.

Ces zigotos seraient-ils capables de dégainer leur six coups ou de les menotter ? Drôles de bêtes et drôles de zigues que ces représentants de l’autorité. Elle repense à ce bon vieux Brassens et commence à fredonner Gare au gorille. Les incultes assermentés se tournent et retournent l’air inquiet. Quoi ? Il y aurait des gorilles dans le coin ?

Et pourquoi pas des crocodiles pendant qu’on y est…

Sylvain Thevoz

La suite, c’est par ICI !

Et pour retrouver tous les épisodes, c’est par LÀ !

Photo : © Fabien Imhof

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