La Geste d’Avant le Temps : épisode 19

Votre salon est trop petit pour vos ambitions ?

Vous rêvez de parcourir des étendues sauvages, des citadelles élancées, de terrasser des dragons, de rencontrer des elfes, de mettre la main sur un trésor… ou d’embarquer sur un bateau pirate ? La Geste d’Avant le Temps est un récit participatif qui veut remédier à l’exiguïté de nos domiciles et rêver d’un autre monde.

La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents : amateurs, confirmés, jeunes ou plus âgés, sages, originaux, déjantés, bagarreurs… Ensemble, ils vont vous emmener dans une quête épique, entre fantastique et science-fiction – sur les ailes de leurs imaginations !

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, La Geste d’Avant le Temps vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures palpitantes. Nous espérons ainsi vous changer les idées, en cette période confinée… Que faire à l’issue du projet ? Lecture publique ? Publication ? Performance ? Nous cherchons encore des idées !

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 19 : la Gare

Tingting-tingting… Un tintement cristallin allant decrescendo les accueillit. Une voix mécanique annonça :

« Les voyageurs en provenance du Désert des Larmes Sèches entrent en gare, quai 9. Veuillez vous éloigner de la bordure du portail, s’il vous plaît. »

Devant Je’An et Hypérion, le sol semblait être un long rectangle de marbre clair. À l’autre extrémité, une petite foule bigarrée attendait devant ce qui ressemblait à un autre portail, mais d’aspect plus neuf que celui qu’ils avaient emprunté. Un bruit d’agitation diffuse emplissait l’air autour d’eux, sans qu’ils puissent déterminer son origine. Ce bruit venait-il de ce qui semblait être une… descente d’escaliers, située entre eux et l’autre portail ?

Ils se figèrent quand émergea desdits escaliers la créature la plus étrange qu’ils aient jamais vue.

Elle était serpentiforme. Ce qui lui tenait lieu de peau était bleuté et d’aspect glutineux. Sur ce qu’ils estimaient être sa tête prenaient racine sept longues moustaches de chair. Et, entre elles, au niveau de ce qu’ils imaginaient être la tête de la créature, une gueule excessivement bien achalandée en crocs…

Elle sembla enfin les remarquer : ses sept appendices se dressèrent dans leur direction… et elle se dirigea droit sur eux, en glissant sur le sol lisse. Ils firent volte-face pour revenir en arrière, mais c’était peine perdue : le portail s’était refermé ! Leurs cœurs battant la chamade, ils allaient tenter de le redémarrer pour s’enfuir… quand ils sentirent un contact gélatineux sur leurs épaules.

Doucement, ils se retournèrent face au monstre. Un filet de bave coulait d’une de ses dents. Il se pencha plus près d’eux et son haleine délétère les pétrifia.

« Il ne faut pas rester là, s’il vous plaît, jeunes humains. Le portail en provenance de Tammerielle va s’ouvrir ici dans quelques instants. Vous ne savez donc pas que c’est dangereux de se tenir à moins d’un tentacule d’un portail qui démarre ? Les voyageurs pourraient apparaitre au même endroit que vous et vous fusionneriez ! Allez, venez et poussez-vous de là si vous ne voulez pas vous retrouver avec des membres qui ne sont pas à vous ! »

La créature ne voulait pas les dévorer ? Malgré son haleine de charogne ? Mais que racontait-elle ? Tammeri-quoi ? C’est quoi ce… monde ? Dans un état second, ils suivirent l’être glutineux qui serpentait sur le quai.

« La S.I.P.S.T vous présente toutes ces excuses pour le retard occasionné par la panne de quelques dizaines d’années subi par votre portail. Nous espérons que ce léger incident n’a pas entamé la confiance que votre planète place en notre compagnie », énonça-t-elle avec un léger cheveu sur la langue.

« La QUOI ? » demanda Je’An, reprenant pied le premier.

Hypérion était aussi pâle que son comparse. Le cœur au bord des lèvres, il n’était pas vraiment sûr de ne pas rêver. Il tenait serré tout contre lui la harpe d’Elestra : la sensation du bois sous ses doigts avait l’air bien réelle pourtant.

« La S.I.P.S.T., la Société Intergalactique des Portails Spatiaux-Temporels », lâcha la créature, comme si c’était une évidence.

Ils la regardaient avec un air de poissons frits, sans rien comprendre.

« Quoi ? Vous ne connaissez pas ? » dit-elle en pointant le minuscule galurin sur sa tête.

Ils purent constater qu’il était orné d’un insigne en forme de portail : sur celui-ci, les lettres S.I.P.S.T brillaient fièrement.

« Bon », reprit la créature. « Je vais vous conduire auprès des Douaniers de la Gare, si vous voulez bien me suivre. Vous semblez perdus ; ils sauront peut-être vous aiguiller. Et puis vous puez le Mange-Temps : il faut qu’ils vérifient que vous êtes propres. Pas question que vous apportiez des œufs de ces bestioles avec vous ! Les Voyageurs Temporels ont déjà assez de problèmes à les empêcher de se balader entre les différents mondes… Peut-être qu’ensuite, la Directrice de la Gare voudra vous voir : votre arrivée est vraiment très étrange. »

Audrey Tissot

Photo : ©Thibaut

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