La Geste d’Avant le Temps : épisode 56

Votre salon est trop petit pour vos ambitions ?

Vous rêvez de parcourir des étendues sauvages, des citadelles élancées, de terrasser des dragons, de rencontrer des elfes, de mettre la main sur un trésor… ou d’embarquer sur un bateau pirate ? La Geste d’Avant le Temps est un récit participatif qui veut remédier à l’exiguïté de nos domiciles et rêver d’un autre monde.

La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents : amateurs, confirmés, jeunes ou plus âgés, sages, originaux, déjantés, bagarreurs… Ensemble, ils vont vous emmener dans une quête épique, entre fantastique et science-fiction – sur les ailes de leurs imaginations !

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, La Geste d’Avant le Temps vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures palpitantes. Nous espérons ainsi vous changer les idées, en cette période confinée… Que faire à l’issue du projet ? Lecture publique ? Publication ? Performance ? Nous cherchons encore des idées !

Alors, vous nous suivez ? C’est parti ! Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 56 : la main dans le sac !

« Toi ?! Ici ? Comment est-ce possible ? » s’écria Euridy avec autant d’étonnement que d’incrédulité.

Elle était tombée par hasard sur Elestra, au détour d’un des nombreux escaliers-bibliothèques qui parcouraient l’édifice.

« La moitié de la garde est à ta recherche, ils ont fouillé la tour de fond en comble… et je te trouve ici, en son sein le plus secret ! » continua-t-elle, toujours les yeux ébahis.

Détournant brusquement la tête du livre duquel elle tentait tant bien que mal d’extraire sa main (tout en tentant avec désespoir d’en lire quelques bribes au passage), Elestra reconnu Euridy, celle qui s’était présentée comme la suivante de la Diacre. Plantée au sommet de l’escalier situé à l’autre bout de la pièce, elle avait les deux mains sur les hanches, dans une attitude qui laissait peu de doute quant à sa stupéfaction. Rien ne permettait, hélas, de deviner ses intentions…

Presque sans y prendre garde, la suivante claqua des doigts :

« Ces livres ne sont pas destinés au commun des mortels… l’intégralité de cette pièce non plus, d’ailleurs ! »

La pression exercée sur la main d’Elestra disparut aussitôt – et le livre redevint bientôt une masse de papier, inerte au milieu de ses innombrables congénères.

Paralysée par la peur, n’ayant pas la moindre idée de ce qu’il fallait faire, ou répondre, le souffle toujours coupé, Elestra tentait malgré la panique d’examiner les possibilités qui s’offraient à elle. Faire demi-tour ? Impossible, les rangées de livres étaient en train de se mouvoir, par étagères entières, dans l’espace qui était auparavant l’entrée par laquelle elle est arrivée avec Nanji. Sous peu, il n’y aurait plus de possibilité de retraite. Fuir en avant ? Elle avait beau chercher, aucune issue ne se dessinait, quel que soit l’endroit où posait le regard. Changer de forme à l’aide de Nanji et disparaître ? Mais où était Nanji ? À la seconde où la suivante était apparue, sa mystérieuse amie avait disparu sans prévenir…

Pas le choix, il fallait attendre que son interlocutrice dévoile ses intentions.

« Je crois qu’il est temps que tu embrasses ta destinée, Elestra. »

°°°

« Et lui, qui c’est ? Qu’est-ce qu’il fait là ? » cracha le milicien en désignant Hypérion d’un geste brusque autant que de son regard torve.

Angélus et Sexte n’avaient pas eu le temps de réfléchir à un mensonge plausible, avant que les miliciens n’entrent de force dans la cabane. Et si la présence d’un cultempvateur et d’un Voyageur Temporel sur Rizator-III ne nécessitait pas d’explication particulière, il était plus difficile de justifier la présence d’un humain comme Hypérion… Heureusement, Elestra et la mystérieuse Mange-Temps que personne ne voyait semblaient avoir réussi à prendre la tangente avant l’irruption des gardes… c’était déjà ça. Dans le cas contraire, c’eût été peine perdue.

«  C’est un visiteur… euh… enfin, un invité » tenta Angélus, à court d’excuses meilleures.

« Un invité, sur Rizator-III ? Il n’y en a pas eu depuis plusieurs générations de till’heurge, si ce n’est d’épisiècla. C’est pas lui qu’on cherche, mais c’est bien assez suspect pour que vous vous expliquiez avec la Diacre », répondit le garde, les yeux plissés par la perplexité.

« M’enfin, vous ne pouvez pas nous arrêter comme ça, sans raison ! » protesta Sexte avec véhémence. « Je suis un voyageur temporel, et mon neveu est un honnête cultempvateur, vous n’avez rien à nous reprocher ! »

« Vous direz ça à la Diacre. Si vous n’avez rien à vous reprocher, tout sera fini en quelques poignées de minutains. Vous quatre là, vous m’escortez ces trois zigotos à la tour des Gardiens », ordonna le chef de la milice en désignant ses hommes. « Les autres, vous restez avec moi, on fouille le bâtiment au peigne fin et on poursuit les recherches ».

Hypérion, Angélus et Sexte sortirent de la cabane, impuissants, précédés des gardiens armés et en surnombre.

Arnaud Chiaradia

Photo : ©Pexels

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