Récits d’aujourd’hui, héroïnes et pop culture à l’Usine à Gaz
L’Usine à Gaz de Nyon l’annonce : cette saison, on fait la part belle aux artistes qui imaginent de nouvelles façons d’habiter le monde. Pour ce faire, créations, théâtre, danse, cirque, humour, propositions jeune public et musiques actuelles sont au programme.
La saison débutera, comme toujours, avec un accueil dans le cadre de La Bâtie. Avec la Trilogie : J.C., Céline & Pedro, Juliette Navis s’empare de trois thématiques importantes dans la société : argent, mort et désir, en reprenant les archétypes de Jean-Claude Van Damme, Céline Dion et Pedro Almodóvar, pour nous livrer certaines vérités sur le monde. Les 24 et 25 septembre, place à Mesure pour Mesure, où Lucile Lacaze propose un thriller politique grinçant sur fond de pièce shakespearienne. À l’issue du spectacle, le vendredi, on pourra assister au concert-vernissage de Kill the King, nouvel album de Fabe Gryphin, qui s’associe à Saint Estrela, avec des influences folk, rock, indie et country, avec Mati en première partie, et suivi d’un DJ set dès minuit.
Les 12 et 13 novembre, Daniel Larrieu revisite le Sacre du printemps de Stravinsky, dans une soirée composée, où Impromptu agira comme une première partie, présentant des pièces musicales courtes, tirées au sort et jouées à quatre mains. Puis, le 19 novembre, Tiphaine Bovay-Klameth jouera son seule-en-scène Paix, où elle incarne une indescriptible galerie de personnages. Fous rires garantis. Puis, les 3 et 4 décembre, la Cie Puéril Péril sera de retour avec Kontact : cette fois, six interprètes, sans filet, défieront encore une fois la gravité et la hauteur. Il y aura encore de l’humour au programme, une semaine plus tard, avec Laura Chaignat et cette question fondamentale : Les amis, ça s’arrose combien de fois par semaine ?

L’année 2026 se terminera avec le festival Nyon’s on fire le 12 décembre et une soirée clubbing et DJ set pour le Nouvel-an ! Avant de débuter 2027 avec une excursion culturelle le 17 janvier, qui vous emmènera toute la journée dans différents lieux vaudois, pour plusieurs représentations théâtrales, et de la nourriture.
Les 11 et 12 mars, dans Justices, on s’interrogera sur le cas de Vincent, qui veut être jugé pour son crime, alors qu’il est jugé irresponsable, car porteur du syndrome de Down. Un spectacle inspiré de La Divine Comédie de Dante, pour mettre en question la notion d’impartialité de la justice. Fin avril, Julien Andujar ressuscitera, le temps de deux soirées, son frère Marc, pour faire de ce drame qui l’a touché en 2022 un show, une manière burlesque de faire catharsis de ce traumatisme.
En fin de saison, l’Usine à Gaz accueillera un temps fort cirque, avec deux propositions. La première s’intitule Catharsis et montre la relation entre une femme regardant le vide du haut d’un pont de 4 mètres et un homme, en bas, prêt à la rattraper. Est-il besoin d’en dire plus ? Le titre en dit long. La seconde proposition se nomme House of Hermess, et mêle cirque, drag show, performance et DJ set, pour une carte blanche en forme de fête !
Trois créations inédites
L’Usine à Gaz peut se targuer d’accompagner plusieurs productions. À commencer, du 8 au 10 octobre, avec Le Procès de Jeanne Bloch, une fiction politique signée François Hien, autour des mécanismes du pouvoir et de la fabrication des récits, mettant en avant la fragilité de nos démocraties. En janvier, Kiyan Koshoie, artiste associé cette saison, présentera Body Electric, sa nouvelle création née d’une année d’ateliers menés avec le public, pour célébrer ce qui nous rassemble. Enfin, en février, Sarah Calcine adaptera le roman de Louise Chennevière, Pour Britney, pour questionner notre rapport à la représentation des femmes et à la célébrité, en revisitant la figure de Britney Spears.

Concerts à la pelle
Le 3 octobre, Felhur et Andro, respectivement rappeur et beatboxeur, viendront présenter leurs textes tranchants, dans un rap littéraire mêlé d’énergie punk bien rugueuse. Le 16, les Américains de Bass Drum of Death reviendront avec leur sixième album, pour un concert entre Stooges et ZZ Top, pour revenir à l’essence du garage-rock. En novembre, c’est un concert difficile à définir qui sera proposé : Chassol explorera la musicalité du stand-up américain, entre performance, musique, voire presque film… Puis, De Staat présentera son album The King, entre percussions tribales, claviers massifs et guitares tranchantes. Fans de rock industriel, cette soirée est pour vous !
Le 25 novembre, Jean-Michel vous propose un ciné-concert autour du E.T. de Spielberg, pour une version musicale survitaminée, où les influences varieront de Johnny Cash à Blink-182. Le 6 décembre, ce sera plus calme, avec Emily Loizeau et un concert assis pour piano solo, histoire de fêter comme il se doit ses vingt ans de carrière.

Danse et jeune public
La première proposition chorégraphiée de la saison s’adressera, une fois n’est pas coutume, aux plus jeunes. Dans Kaguya-Hime, on nous emmène dans le Japon du Xème siècle, entre bambous et histoire de princesse, pour rêver les yeux ouverts. Le 30 octobre, Erika Zueneli célébrera l’éphémère et l’extravagance dans Le Margherite, en nous invitant dans un lieu où tout est permis, pour tenter d’approcher l’insaisissable. Le 4 novembre, Odile Cantero invitera petit-es et grand-es Autour du feu, pour un spectacle d’improvisation où les enfants décident, pour une fois, de tout.
Les 28 et 29 novembre, le grand succès de la Cie Don’t Stop Me Now, La princesse eSt le chevalier, revient, pour enjoindre les petites filles à sortir des stéréotypes de genre et à partir, elles aussi, à l’aventure ! Après une pause, on se retrouve le 17 janvier, pour deux représentations de The Game of Nibelungen, où Laura Gambarini revisite, dans une salle de classe, et en allemand, la célèbre épopée médiévale. Le 3 février, avec Meuuuh Nooon !, des vaches se mettront en grève, en attendant qu’on leur fournisse enfin des doudounes pour lutter contre le froid de leur étable. À la fin du mois, la Cie Ruya Connection adaptera l’œuvre magnifique de Tove Jansson, avec Moomin et la comète, où la fin du monde menace ces drôles de personnages. Comment s’en sortiront-ils ? Rendez-vous les 27 et 28 février pour le savoir.
Autre spectacle créé au Théâtre des Marionnettes de Genève, Feu au lac ! remonte le fil des luttes oubliées et des révolutions romandes autour du lac. Comme quoi, l’histoire politique et solidaire est bien plus forte qu’on ne le penserait par chez nous. Puis, le 24 mars, on pourra assister à un spectacle de danse contemporaine, That’s Twisted, où Baptiste Cazaux efface la frontière scène-public grâce à un dispositif trifrontal lui permettant d’incarner sa chorégraphie comme sur une piste de danse. Un mois plus tard, on découvrira une revisite du conte des frères Grimm, dans Gretel & Hansel, où la jeune fille prend cette fois les rênes de l’histoire.

Le 12 mai, place aux tout-es petit-es, dans Petites empreintes, où on pourra écouter une légende d’origine Mapuche, avant de manipuler l’argile au centre du plateau, pour un rituel sensoriel à vivre pleinement. Le lendemain, avec Huellas, deux acrobates exploreront la rencontre entre deux peuples préhistoriques, pour se reconnecter à la terre et aux origines.
On vous l’avait dit, la saison de l’Usine à Gaz est variée, faisant la part belle à toutes formes d’arts, pour tenter de réfléchir à notre façon de voir le monde et de l’habiter, de différentes manières.
Fabien Imhof
La programmation complète et les détails de chaque spectacle et événement sont à retrouver sur le site de l’Usine à Gaz.
Photos : ©Usine à Gaz
