La Geste d’Avant le Temps : épisode 6

Votre salon est trop petit pour vos ambitions ?

Vous rêvez de parcourir des étendues sauvages, des citadelles élancées, de terrasser des dragons, de rencontrer des elfes, de mettre la main sur un trésor… ou d’embarquer sur un bateau pirate ? La Geste d’Avant le Temps est un récit participatif qui veut remédier à l’exiguïté de nos domiciles et rêver d’un autre monde.

La Pépinière a réuni des rédacteurs très différents : amateurs, confirmés, jeunes ou plus âgés, sages, originaux, déjantés, bagarreurs… Ensemble, ils vont vous emmener dans une quête épique, entre fantastique et science-fiction – sur les ailes de leurs imaginations !

Entre le feuilleton et le cadavre exquis, La Geste d’Avant le Temps vous accompagnera chaque jour dans un texte évolutif et des aventures palpitantes. Nous espérons ainsi vous changer les idées, en cette période confinée… Que faire à l’issue du projet ? Lecture publique ? Publication ? Performance ? Nous cherchons encore des idées !

Alors, vous nous suivez ? C’est parti !

Retrouvez le début du feuilleton ICI !

* * *

Épisode 6 : l’enlèvement

Soudain, ne pensant qu’à sa harpe laissée dans le champ, Elestra se précipita hors du village pour aller la récupérer – sans se soucier des exclamations inquiètes de son père. Hypérion essaya de la retenir… mais elle courait déjà vers le pré, sans lui prêter attention. Il savait à quel point son amie tenait à cet instrument : c’était tout ce que sa mère lui avait laissé.

Hypérion se souvenait de la mère d’Elestra – une femme rousse aux mains fines. C’était une troubadour, une étrangère. Hypérion connaissait son histoire. Elle était arrivée un soir, par le dernier dirigeable en provenance de la capitale. D’où venait-elle ? Des états marchands de la côte ? Des royaumes des montagnes ? Ou de plus loin encore, de par-delà le grand désert ?

Mystère, mystère.

Ce soir-là, la troubadour s’était installée sur la place pour dormir. Les villageois l’avaient épiée, méfiants. Alors, elle avait sorti sa harpe. Et tous les habitants étaient sortis de leurs maisons, attirés par le son mélodieux. Ce soir-là, l’étrangère avait capturé le cœur d’un berger. Ils s’étaient aimés et avaient eu une fille, Elestra. Et un jour… la troubadour avait disparu, aussi soudainement qu’elle était arrivée. Les commères disaient qu’une femme ne devait pas courir le monde, en laissant derrière elle une gosse en bas-âge. Hypérion, lui, se disait que l’aventure valait le coup – qu’on soit homme ou femme. Elestra, elle, n’en voulait pas à sa mère : elle avait gardé la harpe et y tenait comme à la prunelle de ses yeux.

Et voilà qu’Hypérion la regardait courir en direction du champ, incapable de bouger.

Un cri le sortit de sa torpeur. Il se lança derrière Elestra. Une de ces horribles créatures était sortie de nulle part et se précipitait sur elle. Hypérion eut juste le temps d’entendre son amie crier son nom… puis elle disparut avec le monstre sans laisser de trace. Envolée… volatilisée… dans un éclair ! Comment était-ce possible ?

Hypérion ressentit une telle colère qu’il se précipita à travers le village pour ramasser des armes… ce qu’il trouverait… n’importe quoi ! Son amie ne pouvait pas avoir disparu, c’était impossible ! Dans une maison, il trouva un vieux sabre encore couvert de sang, près d’un homme qui avait subi le même sort que son maître. Il l’empoigna et, d’un pas déterminé, suivit les traces de pas laissées par les monstres. Elles sortaient du village…

Il marcha un long moment… où étaient les créatures ? Soudain, il les aperçut à quelques mètres de lui : Elestra était bâillonnée et ils avaient des sacs remplis d’horloges, de montres et d’autres objets volés. Elles se tenaient à l’entrée d’une des grottes qui entouraient le village. Hypérion les observa un moment… jusqu’à ce qu’elles pénètrent dans la grotte. Il attendit, avant de décider de les suivre. La grotte débouchait sur un tunnel sombre – Hypérion le suivit, le cœur battant. Le tunnel s’élargit… les créatures devaient être là… il brandit son sabre, bondit en avant…

… et devant lui, plus rien. Ni créatures. Ni Elestra. Rien.

Jenna Weber

La suite, c’est par ICI !

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Photo : ©Hans Braxmeier

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