Auteur : Bertrand Tappolet

Le banc : cinéma

Scarlet, au bord du néant

Avec Scarlet et l’éternité, Mamoru Hosoda quitte le terrain de l’intime feutré pour s’aventurer vers une fresque plus noire, martiale, heurtée. Cette relecture très libre d’Hamlet, traversée par la question de la vengeance, de la mort et du pardon, impressionne souvent par sa puissance visuelle, mais laisse aussi affleurer ses failles. Un film inégal, fascinant par moments, lesté ailleurs par sa propre ambition.

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Le banc : cinéma

Frères sous haute tension

Un braquage ancien, un magot enterré en forêt, un frère libéré après quinze ans, l’autre dissous dans des identités de secours — Viking certains jours, John Lennon d’autres. Avec Le Dernier Viking, Anders Thomas Jensen relance sa mécanique de comédie noire sur une promesse simple (retrouver l’argent). Et fait surgir autre chose : un pacte fraternel qui se paie en chair, en mémoire et en déni. Au milieu d’une violence qui revient comme une ritournelle. 

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Les réverbères : arts vivants

Faire échos

Du 19 au 29 mars, Le Commun (Genève) devient sur deux étages une chambre d’échos. La compagnie sturmfrei de Maya Bösch y déploie un festival, Écho. Il prend Les Métamorphoses d’Ovide comme une matière à frotter, à critiquer. On entre par des roseaux suspendus, on croise un corps qui danse avec un alto, on appelle les morts dans une cabine téléphonique. Et quelque chose insiste.

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Le banc : cinéma

Face à la violence et à l’anéantissement

Au FIFDH, trois gestes documentaires affrontent l’époque par trois lisières de gouffre : le corps violé, le corps déplacé et traqué, le corps assiégé. Avec Traces, A Fox Under a Pink Moon et le triptyque de courts-métrages tournés à Gaza (From Ground Zero), le cinéma ne console pas. Il recueille, expose, tremble parfois. Et c’est dans cette vibration, que quelque chose de juste advient.

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Les réverbères : arts vivants

Ce que la guerre fait aux femmes

À l’ombre de la guerre en Ukraine et son million de morts depuis quatre ans et du génocide à Gaza (150 000 morts), Julie Deliquet adapte et met en scène La Guerre n’a pas un visage de femme de la journaliste et écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature 2015. Neuf comédiennes et une actrice dans le rôle de l’autrice, alors trentenaire lorsqu’elle recueille, dans les années 70, Les témoignages des vétérantes de l’Armée rouge, qui disent leurs vies brisées, perdues, broyées par les tortures de la Gestapo, les déportations au Goulag et famines sous Staline, leur présent précarisé, stigmatisé. Et leur engagement au front invisibilisé. Un chœur tragique d’une sauvage oralité. Pour un choc absolu et salutaire.

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