Le coût d’une vie

« … il savait qu’il était témoin d’une injustice qui enverrait des milliers de gens au hachoir, trop fauchés pour acheter, trop fauchés pour payer le fait d’être trop fauchés pour acheter. »

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Chessex, Payerne et le Juif…

« Dans ces campagnes reculées la détestation du Juif a un goût de terre âcrement remâchée, fouillée, rabâchée avec le sang luisant des porcs, les cimetières perdus où parlent encore les os des morts, les héritages détournés ou bâclés, les suicides, les faillites, la solitude cent fois humiliée des corps acides et sur leur faim. »

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La danse macabre perdure

« Fallait-il s’étonner que certains, plus perturbés ou plus enclins que d’autres, continuassent à pratiquer [la violence] sans état d’âme ? Quelle différence y avait-il, objectivement, entre le couteau de l’assassin et la baïonnette du soldat ? »

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Âmes Sœurs

« Porté sur le calcul et l’analyse, Victor était insensible au besoin de l’être humain de parler pour exister, à la nécessité de créer un réseau d’amis à qui exprimer son bonheur ou son malheur d’être en vie. Il était […] incapable de la moindre sympathie pour ses frères humains déboussolés. Incapable de comprendre leur besoin de se connecter et de communiquer pour briser le lourd silence de l’univers. »

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Sur le chemin de l’épanouissement et de la liberté

« Homo fit, non nascitur. C’est Érasme qui le dit ! On ne naît pas achevé, complet, on le devient… à coups d’expériences, d’exercices, de rencontres, d’imprévus, d’errances, de faux pas. J’ai plutôt l’impression que je dois me défaire, déposer, quitter, abandonner. »

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« L’homme est un loup pour l’homme »

« Le loup est une facette de l’homme. Il est son ombre. J’aime ses contradictions, sa soumission au groupe, l’attachement à sa meute et son antinomique soif de liberté. Il est capable d’un amour démesuré. Sa volonté est sans comparaison. Il n’hésite pas à tout bousculer pour atteindre son but, et sa beauté n’a pour égale que sa voracité. »

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La patience du serpent (Anne Brécart) : Malaise dans la civilisation

« La peau de Christelle se recouvrait d’une fine couche de transpiration, pendant que le chamane entamait une mélopée, puis chacun remerciait la terre nourricière pour le maïs, les fruits et les légumes qu’elle leur offrait. Lorsque la chaleur devenait intenable, une des quatre portes était ouverte, l’air de la nuit paraissait incroyablement frais à Christelle qui le buvait comme si c’était de l’eau. » (p. 70)

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Le crime oublié

« Elle regarde Thomassin engloutir sa gamelle sous les photos de famille et les chromos éclatants des îles, où des Jésus s’arrachent le cœur de la poitrine. Au fond, elle n’est pas mécontente qu’un des locataires se révèle plus démuni qu’elle. C’est en face que se trouve la petite poste, la seconde agence de Montréal‐la‐Cluse. » (p. 21)

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Trois romans brefs : poétiques et minuscules

Quand le temps joue contre moi, je cherche des romans taille minuscule – aussi menus qu’un caillou glané sur le chemin, glissé dans une poche. Le dépaysement n’en est pas moins grand qu’avec une saga, et la poésie demeure, elle, bien là. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir Cours de cuisine de Rosario Castellanos (chez Paulette Éditrice), Roman de gares de Jean-Pierre Rochat et Roches tendres de Julien Buri (tous deux chez les Éditions d’autre part).

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